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L'entreprise
LE TELEGRAMME
L’exception
bretonne
Dans un paysage de la presse quotidienne plutôt morose,
Le Télégramme affiche depuis trois ans une progression de sa diffusion qui fait de lui une «exception bretonne » et le place en tête de la presse quotidienne régionale.
Comment Edouard Coudurier, P-DG du Télégramme, analyse-t-il cette évolution singulière et cette relation
si forte qui unit le public breton
à son journal.
Le Télégramme est l'un des rares quotidiens régionaux qui ait pleinement réussi un changement de formule, existe-t-il une recette ?
Edouard Coudurier. La nouvelle formule, passage au format tabloïd, modernisation des contenus rédactionnels, agrafage, remonte à trois ans.
Il est vrai que, depuis cette date, nous enregistrons des progressions importantes.
Elles nous ont permis de passer la barre des 200.000 exemplaires quotidiens, de diffusion totale, et nous placent aujourd'hui dans le «top ten» des quotidiens régionaux français. Une recette miracle ?
Non, je pense qu'il s'agit simplement d'une évolution qui a été menée de façon progressive et cohérente: la modernisation de notre imprimerie a précédé celle des outils et de l'organisation de la rédaction qui a, elle-même, précédé l'élaboration de notre nouvelle formule.
Ainsi, cette étape d'importance stratégique a été franchie sans perturber nos lecteurs : leur journal était toujours correctement imprimé et livré à l'heure dans leur boîte à lettres. Sur ces bases solides, l'amélioration du contenu a pu produire pleinement son effet moteur, en respectant l'équilibre entre des choix rédactionnels audacieux et les «fondamentaux» du journalisme régional : une couverture fine et serrée du territoire, une information pratique très fouillée et notre capacité à sentir et à analyser les pulsations de notre région.
La forme du journal s’est modernisée, mais peut-on en dire autant du fond ?
E.C. Bien-sûr, la forme et le fond s’influencent mutuellement. Les évolutions de forme (format, maquette) traduisent notre volonté d’affirmer fortement nos choix
rédactionnels, avec une hiérarchie de l’information marquée, une mise en valeur des éditions locales, une organisation rigoureuse et logique des différentes séquences du journal qui facilite le cheminement de lecture.
Le public est aujourd’hui sollicité par de multiples sources d’informations qu’il peut consommer sans efforts. Lire un journal exige de sa part un
investissement en temps et en énergie intellectuelle. Notre responsabilité est de lui faciliter l’accès à l’information quotidienne et, ce faisant, à une certaine connaissance.
C’est pour cela, par exemple, que nous avons globalement raccourci la longueur de nos articles. Dans le même temps nous avons aussi dégagé des espaces de grand reportage, comme les pages «Repères» du lundi ou les portraits du dimanche, où le plaisir de lecture se savoure plus lentement.
Alors que l’on dit la presse quotidienne en mauvaise santé, qu’est-ce qui singularise Le Télégramme ?
E.C. Il est vrai que les quotidiens connaissent une conjoncture difficile, marquée notamment par une érosion du lectorat. C’est préoccupant non seulement pour les entreprises de presse qui vont mal mais, plus généralement, pour l’état de la société française.
Sans presse solide et plurielle, le civisme se dissout, une société devient autiste et otage de ses émotions. Sur le plan capitalistique, le monde de la presse traverse une période de concentration qui pourrait nuire, à terme, au pluralisme de l'information, or, c'est une clef de voûte de la démocratie.
Heureusement, la Bretagne est une région où les repères identitaires et sociaux restent très forts: la densité du tissu associatif et la participation électorale, par exemple, en témoignent. C’est une région qui entreprend, qui ne se résigne jamais. C’est aussi une terre où le taux de réussite scolaire est
parmi les plus élevés, où l’on lit et se cultive beaucoup, où les lecteurs sont exigeants.
Tout cela nous est favorable. Quant au Télégramme, c’est plus qu’une entreprise. Quand un défi se présente, tout le monde se serre les coudes. Les circuits de décision sont courts, les réactions rapides.
Ce journal a-t-il une relation particulière à sa région ?
E.C. Oui, pour toutes les raisons que j’ai dites plus haut. Mais nous
n’avons jamais voulu céder à la démagogie et à la complaisance qui sont parfois de mise pour «récupérer» à notre profit le discours identitaire breton et en faire un instrument de marketing.
Le journal a une longue histoire républicaine et reste fidèle à ses valeurs. Nous ressemblons à cette région: on travaille, on privilégie sans doute l’efficacité au style, l’action au concept mais on avance. C’est ainsi que nous l’aimons et elle nous le rend bien !
Les grandes dates
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1944. En septembre 1944, le premier numéro du Télégramme est publié.
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1960. Pour la première fois en France un quotidien se met à la couleur. Une révolution !
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1992. Nouvelle maquette, nouveaux contenus: Le Télégramme se transforme.
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1998. Pour la première fois Le Télégramme paraît le dimanche et en format tabloïd.
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2002. Nouveau format, nouveau contenu : Le Télégramme fait sa révolution. |
