Voile. Ellen Macarthur tourne la page
A 33 ans, Lady Ellen MacArthur, la navigatrice britannique, a décidé de se retirer de la compétition. Elle veut se consacrer à la défense de l'environnement et à des oeuvres humanitaires.
Depuis qu'elle a bouclé son Tour du monde en solitaire en 2005 sur son trimaran «Castorama» en 71 jours 14heures, 18 minutes et 33 secondes*, Ellen MacArthur n'avait pris part à aucune épreuve majeure. Le milieu espérait sincèrement revoir cette navigatrice d'exception en compétition. Au départ du dernier Vendée Globe aux Sables-d'Olonne où elle était venue encourager Sébastien Josse qui fait partie de l'écurie BT, elle n'avait pas échappé à la question sur son éventuel retour. «J'ai vraiment envie de refaire le Vendée Globe. Pour l'instant, mon travail sur l'environnement est quelque chose de plus important à mes yeux. Mais lorsque je vois tous les bateaux, cela me donne encore énormément envie. Peut-être dans 4 ans», confiait-elle. Cependant, on ne la sentait plus habitée par le feu sacré qui lui avait permis de rivaliser avec les meilleurs marins du monde. Après des années sous pression au plus haut niveau en solitaire, elle avait éprouvé le besoin légitime de souffler et de prendre du recul.
L'environnement et l'humanitaire
Aujourd'hui, elle tourne la page de la course au large. Dans une interview accordée à la BBC et diffusée ce dimanche, elle explique sa décision. «Je navigue toujours, j'adore naviguer, je continue de le faire pour le plaisir, pour des oeuvres humanitaires (...) mais aussi longtemps qu'il restera ce défi (ndlr: la lutte pour l'environnement), est-ce que je vais consacrer quatre ans de ma vie à naviguer autour du monde? Non». Elle ajoute avoir pris cette décision après avoir constaté les dégâts faits à l'Atlantique au large de l'Etat américain de Géorgie. Depuis plusieurs années, elle se consacre aussi à des actions humanitaires. Elle est notamment engagée auprès des enfants souffrant de leucémie qu'elle visite dans les hôpitaux, ou avec lesquels elle navigue en croisière. La navigatrice britannique, anoblie par la reine d'Angleterre après son Tour du Monde en trimaran, est profondément généreuse et attentive aux autres.
Talent et volonté
Ce petit bout de femme, concentré d'énergie, a traversé le paysage océanique de façon météorique. En quelques années, Captain Ellen a marqué la course au large de son talent et de sa volonté. Elle a débuté sa belle histoire sur l'Atlantique dans la Mini transat 1997 (13e). Elle a ensuite navigué aux côtés d'Yves Parlier et, surtout, d'Alain Gautier. A son palmarès figurent également deux Route du Rhum en monocoque (1998 et 2002) et une victoire dans la Transat anglaise 2000. C'est le Vendée Globe 2001, où elle avait terminé deuxième après avoir titillé le vainqueur Michel Desjoyeaux, qui lui a permis d'accéder à la notoriété. Dans ce Tour du monde en solitaire, elle avait conquis le coeur du grand public fasciné par son histoire. Née dans la campagne du Derbyshire, la petite Anglaise initiée à la voile par sa tante Nan, économisait l'argent de sa cantine pour s'acheter son premier dériveur à l'âge de 13 ans. Cela fait partie de la légende de Lady Ellen qu'elle a racontée dans un livre «Du Vent dans les Rêves.» * Francis Joyon a porté ce record à 57 jours 13heures 34 minutes et 6 secondes avec son trimaran «IDEC».