21 janvier 2009
En tête depuis 35 jours, Michel Desjoyeaux a franchi l'équateur hier matin, après 71 jours et 17 h de course. Le Forestois, qui est sorti du Pot au Noir, est bien parti pour remporter une deuxième victoire dans le Vendée Globe. Nous l'avons joint hier. Moteur...
On imagine que le matériel a souffert en 72 jours de mer: y a-t-il des bobos cachés sur «Foncia»?
«Je n'ai rien qui m'inquiète vraiment, juste des petits bobos qui me gênent un peu depuis l'entrée dans les mers du Sud. En revanche, j'ai connu des soucis qui auraient pu me faire arrêter la course. Je suis passé à côté d'une catastrophe. Oui, je suis un miraculé...»
Peut-on en savoir plus?
«Euh, c'est un truc conséquent qui aurait pu m'obliger à m'arrêter... Vous verrez tout cela à l'arrivée».
L'équateur avec 310 milles d'avance: franchement, sauf casse, les dés sont jetés...
«Si on regarde cela de façon pragmatique et extérieure, oui les dés sont jetés, hors casse de mon bateau. Mais si je dis que les dés sont jetés, vous allez me dire que je me la pète et si je fais celui qui ne pense pas à la victoire ni à la ligne d'arrivée, vous allez me dire que je cache ma joie donc je fais marcher mon bateau et vous allez devoir attendre un petit peu (rires)».
Météorologiquement parlant, vous êtes sur un terrain de jeu que vous connaissez par coeur: néanmoins, craignez-vous un retour de Jourdain dans l'Atlantique Nord?
«A mon avis, il ne va pas être beaucoup ralenti dans le Pot au Noir où ça devrait passer assez facilement pour lui: 305 milles, cela me laisse un bon matelas d'avance. Il ne se passera pas grand-chose lors de la remontée jusqu'aux Açores et il n'y a pas de raison que Bilou aille plus vite que moi à cette allure-là. Comme on va faire du saut de vagues au près, il sera un peu tendu à cause de sa structure centrale. De mon côté, je vais rester concentré et vigilant».
Comment voyez-vous cette fin de course?
«Après l'anticyclone des Açores, on partira dans un régime perturbé d'ouest avec 25 à 45 noeuds. Donc, cela ressemblera aux conditions rencontrées dans le Sud. On va arriver au portant, au surf et à fond de balle jusqu'aux digues du chenal. D'après mes fichiers, il y aura des vents d'ouest de 40-45 noeuds. Oui, ce sera une arrivée musclée pour les premiers».
Quand comptez-vous arriver aux Sables d'Olonne?
«Pour le moment, j'ai une ETA dans la journée du 31 janvier mais comme j'ai perdu du temps dans le Pot au Noir, disons entre le 31 janvier et le 1er février».
Vous avez marqué cette 6e édition de votre empreinte: la victoire serait-elle la cerise sur le gâteau?
«Ce que j'ai fait, on ne me l'enlèvera pas même si je ne finis pas. J'ai marqué un peu, même beaucoup cette édition. A la date d'aujourd'hui, je dois être le plus long leader de la course puisque cela fait 35 jours que je suis en tête, ce qui est une belle satisfaction car je suis reparti 40heures après tout le monde. J'essaie encore d'analyser et de comprendre ce qui a permis que les choses se passent ainsi mais je n'ai pas encore toutes les réponses».
«Je suis passé à côté d'une catastrophe... C'est un truc conséquent qui aurait pu m'obliger à m'arrêter... Vous verrez tout cela à l'arrivée».
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