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Vendée Globe. À nous la p'tite Anglaise

25 février 2009

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Elle avait appareillé de Lorient à bord de Roxy, fin octobre, dans l'anonymat. Samantha Davies a rallié hier son port d'attache, sous les applaudissements de très nombreux spectateurs venus saluer l'exploit de la navigatrice anglaise, 4e du Vendée Globe.

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage ou comme Samantha Davies, de retour hier midi à son port d'attache, après un tour du monde à la voile. «Je ne m'attendais pas à un tel accueil. Du coup, j'ai de la chance, j'ai l'impression de vivre une deuxième arrivée», lâche la sémillante anglaise, toute heureuse de goûter à nouveau à la chaleur des applaudissements, après ceux de la ligne d'arrivée aux Sables-d'Olonne. Si elle n'a pas remporté le Vendée Globe, son naturel et son sourire ont conquis les amateurs. «C'était le soleil de l'édition 2008-2009. Elle ne se plaignait jamais», confie Alain Gautier, ancien vainqueur et monsieur sécurité de l'épreuve.

Collégiens, supporteurs de la première heure

Et hier midi, la navigatrice, inconnue du grand public avant le départ, a pris la mesure de sa notoriété grandissante. Malgré le jour et l'horaire inadaptés (à 12h30 en semaine), Miss Davies a fait une entrée très remarquée au pôle course au large de la base des sous-marins. Après avoir esquissé quelques pas de danse sur le pont de son voilier, au son de «Girls just want to have fun» («Les filles veulent juste avoir du plaisir»), de Cindy Lauper, la jeune femme a offert son large sourire au nombreux public venu la saluer depuis les quais. Et quelques collégiens d'Anita-Conti, supporteurs de la première heure, ont pu échanger avec celle qui les a fait voyager par procuration.

«Partager cette aventure»

«Nous avons eu un très bon contact avec elle. Les élèves ont pu visiter son bateau à Lorient. Et nous l'avons jointe au téléphone durant la course, lorsqu'elle se trouvait au large du Brésil. Cette rencontre nous a permis de monter un projet pédagogique autour de son aventure. Anglais, maths, technologie, français, géographie, histoire, le projet a mobilisé six enseignants», souligne la documentaliste de l'établissement, présente sur les pontons aux côtés des élèves de la classe de 6e. «J'ai reçu beaucoup de messages d'écoliers et de collégiens tout au long de la course. Cela me motivait beaucoup. Et c'était aussi l'un de mes objectifs puisque je souhaitais partager cette aventureavec le plus grand nombre», avoue la navigatrice, toute heureuse d'avoir ramené son voilier coloré à bon port. «Je n'ai pas connu de gros problèmes techniques. Le bateau est nickel», précise le successeur d'Ellen MacArthur, fière d'avoir décroché une quatrième place à la barre de l'un des plus anciens bateaux au départ des Sables-d'Olonne et une place au soleil dans le monde de la voile.

  • Patrick Hernot

Un sourire à toute épreuve

Seule rescapée.
Sept des trente concurrents du Vendée globe se sont préparés au pôle course au large de Lorient. Mais seule Samantha Davies a réussi à boucler son tour du monde. Marc Thiercelin (DCNS), Jérémie Beyou (Delta Dore), Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec), Sébastien Josse (BT), Yann Eliès (Générali), Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) ont dû se résoudre à l'abandon. Des fleurs et des fruits. De retour au bercail, Samantha Davies a reçu, dès son arrivée au ponton, un bouquet de fleurs des mains de Norbert Métairie, ainsi qu'une corbeille de fruits et de légumes. La navigatrice, qui a manqué de produits frais durant la traversée, peut à nouveau faire le plein de vitamines. «D'autant que je n'ai pas pu profiter de ma dernière orange. Je l'avais conservée précieusement quinze jours. Mais au moment de la manger, j'ai constaté qu'elle était pourrie». Instruit de cette anecdote, le président de Cap l'Orient a décidé de lui offrir cet appétissant cadeau de bienvenue. Un emploi du temps de star. Après avoir traversé en solitaire les mers du globe, Samantha Davies a enchaîné un marathon médiatique. «Je ne sais pas ce qui est le plus fatigant», glisse la jeune femme, très sollicitée depuis son arrivée, le 14février. Hier midi, elle est remontée à bord de son voilier en rade de Lorient, avant de participer aux festivités organisées par Cap l'Orient. Elle a ensuite rallié Port-La-Forêt, en fin d'après-midi, pour une autre manifestation avec les skippers du Vendée Globe. Et après un bref passage, aujourd'hui, à Londres, elle est attendue demain sur les Champs ??lysée, pour une séance de dédicaces. Une tête bien faite. La charmante Anglaise, qui a su s'imposer dans le milieu très physique de la course au large, n'envisageait pas une carrière de skipper. «J'ai fait des études d'ingénieur pour comprendre comment fonctionnaient les bateaux», a-t-elle précisé lors de la conférence organisée dans l'auditorium de la Cité de la voile. Après son diplôme, décroché dans la prestigieuse université de Cambridge, elle aspirait à intégrer l'équipe technique d'une écurie de course au large. Un coup de barre... de chocolat. La skipper anglaise a séduit le milieu des suiveurs et le grand public par sa bonne humeur. Son secret? «Je mangeais du chocolat lorsque j'avais un coup de blues». Et son sourire radieux par tous les temps? «J'ai fait de la compétition de natation synchronisée. C'est peut-être pour cela que je souris tout le temps! Et puis j'aime les vagues et la tempête. Je ne suis pas Anglaise pour rien!» Rendez-vous en 2012. «Sam» a raté la 3e place du podium pour 1heure30 de retard. Mais sa 4e place, qu'elle qualifie d'inespérée, lui ouvre de nouveaux horizons. «J'espère m'aligner au départ du prochain Vendée Globe avec un bateau neuf».

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«Je ne m'attendais pas à un tel accueil. J'ai l'impression de vivre une deuxième arrivée»

  • Samantha Davies

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  • Des collégiens d'Anita-Conti ont suivi avec intérêt le parcours de Samantha Davies, depuis ses discrets préparatifs à son retour triomphal.
  • Michel Desjoyaux avait remporté son premier Vendée Globe en 2001, à bord de PRB. Vincent Riou lui avait succédé au palmarès en 2005, à bord du même voilier et Samantha Davies a bouclé la boucle avec une quatrième place sur le même bateau, rebaptisé Roxy. Au passage, la charmante Anglaise améliore le temps réalisé par Desjoyaux, huit ans plus tôt.
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