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Voile

Transmanche en double. Vers un aller-retour express

30 mai 2009

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Les départs de la Transmanche en double se sont enchaînés hier à partir de 17h45 à l'Aber-Wrac'h, offrant un magnifique spectacle au public venu en nombre tout le long de la côte. Il est vrai que jamais un tel plateau n'avait été réuni dans l'histoire de cette course.

Finalement Jacques Caraës, directeur sportif de la Solitaire du Figaro, a choisi le même parcours que pour le reste de la flotte pour sa série, soit l'Aber-Wrac'h - le brise-lames de Plymouth, un aller-retour de 220 milles. Les deux 60 pieds Imoca, le «Brit Air» de Gaël Le Cléac'h et Nicolas Troussel et le «British Telecom» de Sébastien Josse et Jean-François Cuzon sont partis comme des flèches, tout comme le monotype de 16m «SolOcéans» de Gildas Morvan et Vincent Riou.

Record battu?

Ils devraient exploser le record détenu par Gaël LeCléac'h sur le 60 pieds «SillBeurre Le Gall» (16h14' 36''). Ils estimaient leur heure d'arrivée pour ce matin vers 9h30! Un bon galop d'essai pour Sébastien et Jean-François qui devraient courir ensemble la Transat Jacques Vabre. Les Brestois Anne et Patrick Farcy sur leur JPK 960 «Cavok» étaient contents d'inscrire la Transmanche dans leur programme. «Nous aimons faire de la course au large en double. Elle s'ajoute à la Solo Duo Atlantique, la Balade irlandaise et la Celtic Cup.» Leur première participation remonte à 1994. Depuis, elle en a fait cinq et lui quatre. Les côtiers ont effectué le premier départ avec les Pogo 8.50. Les locaux de l'étape, René Guillou et Gérard Béganton, sur leur Sun Fast 32 «Lof Story», sont partis en tête, talonnés par Guy Jestin et Jean-Marc Catonne, sur le Pogo «Praia Branca».

Eliès déjà en tête

Yann Eliès attaque sa seconde course sur «Generali» après son accident dans le Vendée Globe. Bien sûr, il y a eu sa victoire dans la Solo Port de France à Concarneau mais il reste conscient de son état du moment. «Il y aura plus de vent, je risque de souffrir car ma jambe me fait encore mal. Je redoute les changements de voile à l'avant. Je vais être prudent.» En tout cas, le départ a été chaud pour la série, et Gildas Mahé (Banque Populaire) a dû «réparer» après avoir mangéla ligne. Eric Péron (Skipper Macif), parti en tête, a laissé le commandement à un certain Yann Eliès, alors qu'une partie se dirigeait vers les cailloux. Le vent de nordet de 15 noeuds devrait faire de cette Transmanche l'une des plus rapide. La stratégie sera mise de côté au profit de la vitesse. Alors, une arrivée ce soir vers 20h, 21h pour les premiers serait-elle possible?

  • Daniel Dagorn

Jérémie Beyou ne renonce pas

«A vrai dire, je ne l'ai jamais vraiment quitté car, en 2006, j'avais disputé la Transat ag2r avec Vincent Riou et, l'année suivante, le Tour de Bretagne avec Christopher Pratt. Il n'y a donc qu'en 2008 que je n'ai pas mis le pieds sur un Figaro. Là, je remonte dessus et, franchement, je ne suis pas perdu. De toute façon, j'avais prévu de revenir sur le circuit en 2010.» «Effectivement, j'ai loué mon propre Figaro à Fred Duthil, donc j'ai dû en louer un autre car je suis rentré prématurément du Vendée Globe. Là, très franchement, je ne suis pas prêt. La liste des choses à faire sur le bateau s'allonge à chaque sortie. Sur cette Transmanche, je risque de souffrir un peu mais ce n'est pas grave. Il faut y aller. Maintenant, il est vrai que naviguer sans sponsor, c'est plus compliqué. Là, il me manque 140.000euros pour bien faire les choses.» «La conjoncture économique n'est pas très favorable. Même sans sponsor, je serai au départ. J'y serai sur les fonds propres de ma société. Mes techniciens, qui ont tous été licenciés le 15mai dernier, viennent même me donner un coup de main bénévolement sur le Figaro. Cela me touche beaucoup.» «Oui, je suis en manque de confrontation, de bagarre. Cette année, c'est la 40e édition de la Solitaire du Figaro qui part de Lorient. J'ai déménagé à Lorient, donc la course part sous mes fenêtres. Je ne me voyais pas ne pas en être. Je reviens pour la bagarre avec les Desjoyeaux, LeCléac'h, Eliès, Morvan, Tabarly, Drouglazet, Caudrelier. Je suis super motivé. Après le Vendée Globe, quand j'ai dit à Jean LeCam que je voulais disputer la Solitaire du Figaro, même sans sponsor, il m'a dit: ??fonce??. Lui, en 1999, il s'était retrouvé sans partenaire quelques jours avant le départ... et ça ne l'avait pas empêché de remporter sa troisième Solitaire. J'ai besoin de me nourrir d'histoires positives comme celle-là. Et puis, ce n'est pas un hasard si j'ai appelé mon bateau ??Never Surender?? (ne jamais capituler).»
  • Philippe Eliès
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