20 août 2009
Et le gagnant est Nicolas Lunven! Au terme d'un final de folie, le skipper vannetais a remporté hier à Dieppe la 40e Solitaire du Figaro. Il devance Yann Elies et Fred Duthil. La dernière étape a été remportée par un Antoine Koch opportuniste.
Jusqu'au bout le suspense a plané sur cette 40e Solitaire avec une panne de vent générale au milieu de la Manche la dernière nuit. Un dernier coup de Trafalgar à 50 milles de la ligne qui risquait de chambouler la hiérarchie. Le scénario était diabolique et il fallait des nerfs solides pour ne pas craquer.
Coup de poker de Le Cléac'h
Dans ces conditions très aléatoires, Nicolas Lunven, débarqué sur le circuit Figaro depuis seulement trois ans, a affiché le sang-froid d'un vieux briscard et résisté aux attaques qui ont fusé de toutes parts. La plus audacieuse était celle d'Armel Le Cléac'h (Brit Air) et Gildas Mahé (Banque Populaire) qui avaient joué leur va-tout en se décalant radicalement dans le sud-ouest après le passage de la marque Fairway, espérant faire la cuillère par le sud. Un coup de poker qui n'a pas fonctionné (44e de l'étape) mais le skipper de «Brit Air», qui a tenté le diable pour rafler la mise, n'aura pas de regrets. Nicolas Lunven, qui était resté prudemment au contact de ses principaux poursuivants au général, les a contenus avec brio. En décrochant une belle quatrième place dans cette ultime étape à 5'44du vainqueur du jour, il s'est adjugé la victoire absolue dans cette 40e Solitaire du Figaro qui restera dans les annales. A 26 ans, pour sa troisième participation, c'est une consécration. Résister à des marins de la qualité de Desjoyeaux, Elies, Le Cléac'h, Morvan, Duthil, Beyou ou Troussel n'est pas une mince performance. Face à une concurrence aussi relevée, sa victoire n'en a que plus de valeur. Le Vannetais, qui avait terminé 14e et remporté le classement bizuth pour sa première participation en 2007 puis 17e en 2008, a brûlé les étapes et frappé un grand coup.
«Je ne me suis pas laissé faire»
Outre ses qualités techniques en solitaire et sa rigueur dans sa préparation - il a beaucoup travaillé sur les voiles de son GCPI- un de ses atouts est son caractère plutôt zen. Il est assez imperméable à la pression, ne s'affole pas. Cela lui a grandement servi dans cette étape où il était très moyennement parti de Dingle mais a su revenir aux avant-postes et devancer ses rivaux directs à Dieppe. «J'ai toujours été plus sur l'attaque que sur la défense et cela m'a réussi. Jusqu'à ce matin, virtuellement, je n'étais pas en tête du général. Fred Duthil et Yann Elies étaient devant. Je ne me suis pas laissé faire...»
«Ma bonne étoile»
Pour sortir vainqueur de cette bataille indécise jusque dans les derniers milles, il a bénéficié d'un brin de réussite indispensable à ce niveau de compétition. «C'est sûr que ma bonne étoile, je l'ai beaucoup utilisée. Je ne vais pas aller jouer au loto demain, ce n'est pas la peine. Chaque fois que je n'étais pas bien, j'arrivais à revenir. Le contexte m'a été favorable et ce pendant trois semaines», confiait-il à son arrivée au ponton. Hier sous le soleil dieppois, le Morbihannais jusque-là considéré comme un espoir de cette série Figaro a pris une nouvelle dimension.
1. Nicolas Lunven (CGPI) en 285heures 56 minutes 55secondes; 2. Y. Elies (Générali) à 20'29''; 3. F Duthil (Bbox Bouygues Télécom) à 26'14''; 4. T Chabagny (Suzuki Automobiles) à 33'05''; 5. M. Desjoyeaux (Foncia) à 34'47''; 6. N. Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne à 37'37''; 7. G. Morvan (Cercle Vert) à 40'08''; 8. N. Berenger Nicolas (Koné Elevators) à 40'47''; 9. E. Tabarly Erwan (Athéma) à 41'25''; 10. C. Caudrelier Benac (Bostik) à 43'21''; 11. A. Koch (Sopra Group) à 50'43''; 12. T. Rouxel (Défi Mousquetaires) à 51'48''; 13. F. Gabart (Espoir Région Bretagne) à 55'51''; 14. J. Beyou (Bernard Paoli) à 1h04'52''; 15. A. Toulorge (Audition Santé) à 1h30'21''; 16. A Tripon (Gédimat) à 1h31'47''; 17. G. Veniard (Macif) à 1h57'; 18. F. Delahaye (Port de Caen Ouestreham) à 2h04'32'' (1erbizuth); 19. P. Meilhat (Dominos Pizza) à 2h15'55'' (2e bizuth); 20. F. Le Gal (Lenze) à 2h31'49''; 21. C. Douguet (E. Leclerc Mobile) à 2h38'38''; 22. A. Loison (All mer Inéo GDF Suez) à 2h46'37''; 23. N. King (N King Yachting) à 3h03'36''; 24. J.-P. Mouren (M@rseille Entreprises) à 3h06'59''; 25. E. Péron (Skipper Macif) à 3h08'34''; 26. L. Gouezigoux (Trier c'est préserver à 3h29'04''; 27. J.-P. Nicol (Gavotttes) à 3h48'23''; 28. A. Belloir (Cap 56) à 3h54'46''; 29. R. Treussart (Black Hawk) à 4h00'13''; 30. J. Brault (Samsung Mobiles) à 04h05'15''; 31. L. Pellecuer (Arnolfini. fr) à 4h19'43''; 32. E Drouglazet (Luisina) à 4h23'38''; 33. M. Girolet Matthieu (Lafont Presse) à 4h49'41''; 34.C. Espagnon (Groupe Legrois Industires) à 4 h 58'26''; 35. A Le Cleach' ( Brit Air ) à 5H 26 ? 46?; 36.A Hardy ( Agir Recouvrement ) à 5 h 40'44''; 37.P. Bougard ( Kogane) KOGANE à 5h45'50''; 38.Isabelle Joschke (Synergie) à 6 h 20'59'';
Bruno, le père de Nicolas, a été un des pionniers de cette épreuve quand elle s'appelait encore la course de l'Aurore. Il avait terminé 5e de la troisième édition 1972 sur un Super Arlequin, 2e en 1974 et, plus tard, il a signé deux victoires d'étape en 1974 et en 1977. Nicolas pouvait donc difficilement échapper à ce virus mouillé salé et à cette grande classique estivale.
[SIG_CAPGRASN]Yann Elies [/SIG_CAPGRASN]
