3 août 2009
Samedi à La Corogne, Yann Eliès a remporté sa 5e victoire d'étape sur la Solitaire. Probablement l'une des plus belles pour le «survivant des mers du sud» qui s'est positionné comme un candidat sérieux à la victoire finale.
Que faut-il retenir de cette première étape de 345 milles entre Lorient et La Corogne? Bien évidemment le nom du vainqueur, Yann Eliès qui étonne tout le monde depuis son retour sur le circuit Figaro. Après ses deux victoires à Concarneau et à l'Aber-Wrac'h, deux courses d'avant-saison, le voilà qui triomphe en Espagne. Et avec la manière qui plus est! Car le skipper de Generali a dominé ce premier round du début à la fin. «C'est une conjugaison de plein de choses, juge-t-il. J'ai sans doute tiré les bons bords mais j'ai aussi eu de la réussite parce que, de temps en temps, j'ai fait les choses un peu au feeling.»
Troussel: «Je n'ai plus de joker»
Il ne lui a pas échappé que Ronan Treussart et Gildas Mahé, qui étaient à ses côtés pendant une bonne partie de l'étape, se sont pris les pieds dans le tapis. «Certains ont été mal payés et ont sans doute eu moins de chance que moi». Gildas Mahé (24e) a perdu 1h50 dans l'histoire et Treussart (33e), pourtant auteur d'un très beau début de course, est arrivé en Espagne avec un déficit de 2 h 14'. Même si les écarts ne sont pas encore rédhibitoires, d'autres skippers ont, eux aussi, perdu de précieuses minutes. C'est le cas du tenant du titre Nicolas Troussel, 18e à 1h01' du vainqueur. «On va considérer que je n'ai plus de joker, ni le droit d'en reprendre. Il faut que tous ceux qui sont devant, soient derrière à la prochaine étape.»
«Rien ne peut m'arriver»
Le double vainqueur de la Solitaire du Figaro sait que la route est longue jusqu'à Dieppe. Qu'il peut «encore se passer plein de choses». Yann Eliès en a conscience mais il n'a aucune envie de redescendre de son beau nuage. «Cette étape s'est déroulée comme dans un rêve. J'étais en état de grâce.» Depuis son accident dans l'océan Indien en décembre dernier, Eliès a parcouru du chemin. Un chemin semé d'embûches qui fait qu'aujourd'hui, il semble savourer chaque instant passé en mer. «Oui, j'ai pris du plaisir sur l'eau, je n'étais pas stressé. J'ai l'impression qu'il ne peut rien m'arriver.»
«J'ai marqué les esprits»
En effet, il ne pouvait rien lui arriver de mieux que cette victoire d'étape qui lui donne des ailes. «Les écarts ne sont pas encore significatifs (ndlr: les 20 premiers se tiennent en une heure) mais, psychologiquement, je commence quand même à marquer les esprits. A la place de mes adversaires, je commencerai à me poser des questions. Trois courses, trois victoires de Yann Eliès! Moi, je commencerai vraiment à être inquiet... (rires)» Pas fâché de mettre un peu plus de pression sur les épaules de ses adversaires, le skipper de «Generali» va maintenant se reposer avant le départ, mardi, de la deuxième étape entre La Corogne et Saint-Gilles-Croix-de-Vie (365 milles). Au programme, sieste, kiné, piscine. «Un mot d'ordre: récupération car je suis quand même arrivé bien crevé...» Au plus profond de lui-même, Yann ne rêve que d'une chose: imiter son père Patrick, vainqueur de l'épreuve en 1979... après avoir remporté les quatre étapes. Chiche?
