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Franck Cammas. «Cet équipage est très solidaire»

6 novembre 2009

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Franck Cammas n'est pas un marin à rester sur échec. Après une première tentative malheureuse, Groupama 3 a été reconstruit. L'Aixois se relance autour du monde avec un équipage de choc. Impressions.

Vous avez constitué un équipage avec des personnalités connues, voire des stars comme Thomas Coville ou Lionel Lemonchois. Comment les avez-vous intégrés?
«Ce sont des gens hyper performants et c'est agréable de les avoir à bord. Ce ne sont pas des purs solitaires. Thomas a tout fait: de la Coupe America, de la Volvo en passant par un Tour du monde avec Kersauson. Lionel a mené une campagne d'un an en équipage sur le maxi cata Gitana. Leur intégration s'est faite naturellement. Le but de cette année était de sélectionner un équipage et de créer la cohésion. Le noyau dur (six personnes) s'est enrichi avec l'arrivée de ces personnalités. Il fallait aussi qu'ils montrent qu'ils avaient envie. Eux aussi ont choisi leur projet et leur skipper. Cet équipage est très solidaire.»

Lors de votre précédente tentative, vous avez été stoppé par une fortune de mer avec une avarie structurelle. Du coup, y a-t-il un peu d'appréhension avant de vous élancer?
«Il n'y a pas d'appréhension particulière vis-à-vis de la casse de la dernière fois. On s'est blindés sur ce point mais on reste forcément à la merci d'une casse mécanique sur un tel parcours. On en a fait la triste expérience mais on s'en est aussi servi pour progresser. Cela nous a marqués mais ne nous a pas traumatisés, ni ôté l'envie de repartir. Mais dans l'Indien, nous n'avions pas été gâtés au niveau météo. Il nous avait plutôt châtiés. La météo dicte sa loi, sur ce point j'espère vraiment que ce sera plus simple cette fois.»

Que redoutez-vous le plus?
«On a toujours peur de la casse structurelle et plus encore de heurter quelque chose. Aux vitesses où ils se déplacent, nos bateaux sont forcément dangereux. Quand on déboule dans le Sud, les icebergs sont un vrai stress. Dans ces zones-là, on est sur le qui-vive. Cela exige une extrême concentration et cela génère du stress. Sur 50 jours, ce n'est pas facile à supporter. Justement c'est important d'avoir des gens d'expérience qui connaissent le multi dans ces régions-là et ont un vécu des mers du Sud. Je suis sûr que, moralement, ils tiendront jusqu'au bout.» .

  • Recueilli par G.D

Sur les pontons de Brest

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