4 août 2009
Tard dans la nuit de dimanche à lundi, le géant de 40m «Banque Populaire V» est venu s'amarrer à Brest. Jusqu'au bout de la nuit, Pascal Bidégorry est revenu sur cette traversée express.
Il s'est fait attendre le multicoque le plus grand du monde! Le plus rapide sur 24h (908 milles à 37,8 noeuds de moyenne) et sur l'Atlantique (3 jours 15h25' 48'', à 32,94 noeuds de moyenne) surtout. En effet, après avoir franchi la ligne d'arrivée à 16h13 dimanche, le trimaran n'est arrivé au port du Château à Brest qu'à deux heures du matin.
Une pointe à 47,15 noeuds
Un vent faiblissant, des bords à tirer, pas de moteur à bord et peut-être aussi l'envie pour les douze hommes d'équipage de prolonger un peu le plaisir, de savourer ces derniers instants entre-eux. Une fois arrivé au ponton, Bidégorry a eu beau exhorter ses troupes à prendre le relais - «Cela fait 5heures que je parle aux médias, alors maintenant, c'est à votre tour de causer» - rien n'y a fait. Le Basque a dû s'y coller. Sans se faire prier, il a parlé encore et encore. De son bateau bien entendu «un engin à part, fabuleux, qui va vite tout seul, sans avoir besoin de le pousser. Il a fait une pointe de vitesse à 47,15 noeuds». De son équipage, car «un bateau qui va aussi vite, c'est tout simplement parce que les mecs qui sont dessus sont aussi exceptionnels. Ce n'est pas un équipage de fous, simplement des marins qui savent bien utiliser une superbe machine».
«On peut faire mieux mais...»
De la possibilité d'aller un jour plus vite encore: «On a utilisé le bateau à 95%, parfois jusqu'à 97-98% mais jamais à 100%. La fenêtre météo était trop belle et on ne pouvait pas se permettre de faire cela à moitié, car on savait qu'il y avait moyen de passer sous les 4 jours. On peut faire mieux, améliorer ce temps mais j'ai le sentiment que les autres bateaux existants aujourd'hui sur la planète mer ne sont pas capables de faire ce qu'on a fait. Nous, avec ce bateau-là et une fenêtre météo encore plus top, on peut peut-être aller jusqu'à 920-930 milles en 24h mais on touche-là aux limites du bateau». De son adversaire «Groupama3» qu'il a mis un point d'honneur à doubler: «On a vraiment regardé ce qu'il faisait sur la fin car on venait de rentrer dans la pétole et lui avait encore du vent derrière... On voulait être sûr de le battre en temps réel, ce qui était quand même important (sourire en coin)».
«Vivre des émotions fortes»
Du Trophée Jules-Verne qui se profile devant les étraves dans trois mois et retrouvailles avec l'équipage de «Groupama 3»: «Avec Cammas, on se tirait déjà la bourre en 1996 sur Figaro. Dans les années à venir, je crois que la famille ?Groupama 3? et ?Banque Populaire V? va continuer à se côtoyer sur l'eau. Cela rajoute du piment et du sel à nos projets et je m'en réjouis. Cet hiver, autour du monde, la seule chose que je nous souhaite, indépendamment du résultat sportif, c'est de finir et de vivre des émotions fortes. C'est aussi pour ça qu'on est là».
