Solitaire du Figaro, départ aujourd'hui de La Rochelle Pièce en trois actes pour 50 marins
À La Rochelle, 50 solitaires sont parés à en découdre. À 13 h aujourd'hui, ils mettront le cap sur Vigo. Cette 39 e édition du Figaro en trois actes s'annonce très ouverte.
La Solitaire du Figaro - Suzuki ne comptera cette année que trois étapes. Elle n'en sera pas moins corsée avec en conclusion une étape marathon de 825 milles. Un dernier round qui devrait laisser les solitaires sans forces à leur arrivée à L'Aber Wrac'h.
Anciens
et nouvelle vague
En l'absence de Michel Desjoyeaux, vainqueur l'an passé, il n'y a pas, sur le papier, de patron incontesté de la flotte. Un an après avoir mâté la jeune classe pourtant talentueuse, le Professeur est accaparé par la préparation du prochain Vendée Globe. « Michel Desjoyeaux absent, cela libère une place sur le podium », souligne Thierry Chabagny.
Il est vrai que cette 39 e édition s'annonce ouverte. Le fait qu'il n'y ait pas un favori désigné mais une bonne quinzaine de prétendants à la victoire ajoute au charme de la classique estivale.
D'un côté, il y a les anciens toujours performants et motivés. Eric Drouglazet, vainqueur 2001 et à la recherche d'un second succès, Gildas Morvan, qui puisera dans cette arrivée à l'Aber Wrac'h une motivation supplémentaire pour l'emporter, sont les « tauliers » de la classe.
Ils font de la résistance face à la vague des trentenaires ambitieux et maîtres de leur sujet. Nicolas Troussel, vainqueur en 2006, et numéro un de la classe l'an passé, est un peu le chef de file de ce groupe. On y trouve d'autres marins ambitieux comme Fred Duthil, deuxième l'an passé derrière Michel Desjoyeaux, Gérald Véniard troisième en 2006, Nicolas Bérenger, sans oublier Laurent Pellecuer, le vainqueur de l'ag2r, ou encore Erwan Tabarly, de retour sur le circuit. Il y a aussi la nouvelle vague qui brûle les étapes et pousse très fort. Sans complexe, Thomas Rouxel, Christopher Pratt, voire Nivolas Lunven peuvent jouer les trouble-fête et créer la surprise.
Un marathon final
Il n'y a peut-être pas de stars de la course au large sur l'affiche mais des marins de qualité impatients d'en découdre à armes égales sur trois étapes, comme au bon vieux temps de la course de l'Aurore.
Le premier acte qui mènera la flotte à Vigo s'annonce assez tactique et compliqué.
La deuxième manche de Vigo à Cherbourg pourrait être assez périlleuse. « Nous serons à Ouessant avec de forts coefficients de marée et donc beaucoup de courant. Il ne faudra pas se louper », souligne Gildas Morvan.
Enfin la troisième et dernière manche entre Cherbourg et l'Aber Wrac'h, via le Tour de la belle Ile de Man perchée entre Ecosse et Irlande, sera le morceau de bravoure. Avec 825 milles devant les étraves, ce sera la plus longue dans l'histoire du Figaro. Jacques Caraës, le directeur de course, n'a pas fait dans la demie mesure. Il faudra être très fort et lucide dans ce marathon qui comportera de nombreuses séquences de navigation côtière. Un brin d'appréhension habite certains des 50 solitaires surtout si la météo s'avérait corsée ou pétoleuse. Cet interminable dernier round pourrait être fertile en rebondissements.
« Le podium peut se décider sur la dernière étape, contrairement à d'autres éditions où l'on a vu un concurrent étouffer d'emblée ses adversaires. Avec une course de plus de 800 milles, les écarts peuvent être monstrueux. Alors, avant, il ne faut pas être conservateur. De toute façon, je ne l'ai jamais été. Je vais être joueur », confie Nicolas Troussel, serein et fidèle à une philosophie qui lui avait réussi en 2006.