Championnat d'Europe de rallycross, à Kerlabo-Cohiniac Le show de Jean-Luc Pailler
Plus de 20.000 spectateurs ont assisté hier au triomphe du Finistérien Jean-Luc Pailler, brillant vainqueur de la manche du championnat d'Europe de Kerlabo-Cohiniac (22), devant le Norvégien Ludvig Hunsbedt.
Un nuage de poussière s'élève au-dessus du beau circuit de Kerlabo. Avis de tempête ? Le temps est magnifique, les moteurs ronronnent, les meilleurs pilotes européens de la discipline se bagarrent comme des diables. C'était la première fois que Kerlabo-Cohiniac accueillait une manche du championnat d'Europe. Une organisation irréprochable, un succès sur et autour du site !
La finale de D1 promettait un spectacle retentissant. Au terme des trois manches qualificatives, un duel entre le Norvégien Ludvig Hunsbedt (Volvo S40 T16), en pole position, et le Nord-Finistérien Jean-Luc Pailler (Peugeot 207 WRC) était attendu. Le premier cité avait conclu sa meilleure série (en six tours) en 2'33''008, tandis que le second était à créditer de 2'34''225. Avec le Lavallois David Meslier (Renault Clio WRC), les Suédois Kenneth Hansen (Citroën C4 WRC), Michaël Jernberg (Skoda Fabia) et le Norvégien Guttorm Lindefjell (Ford Focus), quelle course !
Pailler met le feu
Vainqueur de la première manche européenne au Portugal, Hunsbedt avait les faveurs des pronostics. Sa Volvo tenait bien la route. Une voiture puissante mais aussi silencieuse, à un point tel que si elle avait été la seule en piste, on aurait seulement entendu le crissement des pneus !
Pailler, tout feu, tout flamme, a su prendre son « tour joker » (décrochage sur le circuit que le pilote doit prendre une fois, au tour de son choix) au bon moment, au deuxième passage. Il était dit que l'affable Ludvig ne reverrait plus Jean-Luc, qui concluait en vainqueur ses trois derniers tours sur un rythme régulier, en un peu plus de 36'' à chaque fois. Hunsbedt finissait deuxième devant Hansen, Jernberg et Meslier, lequel a gagné de précieux points pour le championnat de France.
Cocorico !
« C'est l'une de mes plus belles victoires », confie le pilote finistérien. « Avec une voiture neuve, on a fait des manches propres, le meilleur temps des chronos (35''889 en 1,100 km). J'ai voulu l'améliorer, mais hélas, j'ai freiné trop tard et j'ai eu droit à un choc. Malgré cela, la voiture a été efficace ». Jean-Luc Pailler raconte sa finale : « Il fallait la jouer finement. J'ai bien démarré en lâchant l'embrayage dès que j'ai vu le feu s'allumer ! Hunsbedt était derrière moi et j'ai pris le "tour joker" au dernier moment, dans les règles de l'art. Ça l'a perturbé ».
Hunsbedt, en grand seigneur, s'est déclaré « ravi » de sa deuxième place (elle lui permet de conserver la tête du général de ce championnat d'Europe) et a porté en triomphe Pailler avec Hansen. Un geste d'une grande sportivité.
Par ailleurs, « cocorico » aussi pour Olivier Bossard, vainqueur en D1A dans sa Citroën C2 S1600. La Marseillaise a retenti après qu'il a dominé de maître manière le Tchèque Zdenek Cermak (Fabia). Un succès à la saveur particulière pour lui, originaire de Saint-Ségal près de Châteaulin.