14 novembre 2009
L'équipe de France dispute ce soir à Dublin un match de barrage contre l'Irlande pour tenter de forcer la porte de la Coupe du monde 2010. Cette rencontre aura des allures de test.
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C'est un de ces matchs qui séparent le monde des supporters entre ceux qui l'ont vécu et ceux qui l'ont seulement vu à travers le filtre de la télévision. Et celui des joueurs entre ceux qui y verront un début et ceux pour lesquels il marquera une fin.
L'importance du premier match
Il y a donc bien une option, que traduisent mal au fond les termes de «play off» et de «barrage» retenus des deux côtés de la mer. Oui, une des deux équipes qui s'affronteront à deux reprises en quatre jours jouera la prochaine Coupe du monde l'été prochain en Afrique du Sud. Celle-là ne s'arrêtera pas au barrage. Dublin n'est donc pas le dernier port avant l'Afrique, puisqu'il faudra encore faire escale à Saint-Denis. Mais on sait que dans une confrontation en matchs aller-retour le premier match est déterminant. D'ailleurs, sur 33 précédents, une seule équipe est parvenue à renverser la vapeur au match retour! Les Français ne pourront pas dire qu'ils n'ont pas été prévenus. Depuis Autriche-France (3-1) il y a quatorze mois, ils savent ce qu'il en coûte de démarrer à l'envers. Et cette fois ils n'auront pas neuf matchs pour tenter de se rattraper mais un seul.
C'est dans les têtes...
C'est donc ce soir, déjà, que les Bleus devront être forts. On ne fait pas référence là au défi athlétique que leur promettent les Irlandais. Il y a belle lurette que la France est armée, voire surarmée dans ce domaine-là aussi. D'autant plus en l'espèce avec Alou Diarra qu'avec Toulalan. La France est aussi mieux armée techniquement que son homologue irlandaise. On en revient donc toujours au même point: il n'y a que dans les têtes que les Irlandais peuvent surpasser les Français. Il est question ici de l'usage qu'on peut faire aussi bien de l'enveloppe que du contenu; de la supériorité supposée des Irlandais dans un jeu aérien où les Bleus ont beaucoup souffert, sur le plan décisif, dans une période récente; et de tout ce qui passe par le cerveau. Lorsqu'on évoque le mental, surtout avant cette confrontation dont les deux dates, 14-18, invitent à prédire une bataille de tranchées au milieu de terrain, on songe surtout à la détermination, au don de soi. Giovanni Trapattoni n'a pas dit autre chose en invitant ses joueurs à «faire un peu plus encore» que ce qu'ils ont déjà accompli dans un groupe où ils ont terminé invaincu, après notamment deux matchs nuls contre l'Italie.
Et c'est le ventre!
Mais le mental, c'est aussi savoir garder la tête froide dans des circonstances exceptionnelles. «J'ai vu de grands joueurs comme Maradona ou Baggio louper des penaltys en finale» a encore relevé avec malice Trapattoni. Comme pour mettre la pression sur les stars du match, puisqu'elles ne jouent pas dans son équipe. Pour la même raison, avant de jouer dans une ville où elle est avant tout une spécialité sans faux col, Raymond Domenech a choisi de ne pas trop insister sur la pression. A raison: les expérimentés Gallas, Evra, Henry et Anelka aussi bien que les jeunes Gourcuff et L.Diarra ont prouvé qu'ils étaient du genre que la difficulté transcende. D'autres, on songe notamment à Lloris, à Sagna et même à Abidal, offrent a priori moins de garanties. Et mon tout vaut quoi? Qu'est-ce que cette équipe a vraiment dans le ventre? En cela, ce détour forcé sur la route de l'Afrique peut être utile: en naîtront des espoirs ou une quasi-absence de regrets.

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