5 juillet 2009
Fabian Cancellara a déboulé sur le port de Monaco pour endosser, hier, le premier maillot jaune du Tour de France après le contre-la-montre qui a placé Alberto Contador en position de force.
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A la façon d'une F1 surgissant du tunnel après les 15,5 kilomètres d'un parcours de prestige, Cancellara a avalé dans le final le Russe Denis Menchov qui était parti 90secondes avant lui. Sur la ligne, le champion olympique du contre-la-montre a creusé des écarts conséquents. Deuxième de l'étape, Contador a terminé à 18 secondes après avoir compté 6secondes d'avance sur lui au sommet de la côte de Beausoleil (Km 7,5). Autre preuve de l'impressionnante puissance du «Spartacus» de Berne, le Britannique Bradley Wiggins, à égalité avec lui au sommet de la côte, a lâché 19secondes. Le champion olympique de poursuite a pourtant pris la 3e place de l'étape devant trois rouleurs d'expérience, l'Allemand Andreas Klöden, l'Australien Cadel Evans et l'Américain Levi Leipheimer.
Pourquoi ce mauvais début de la saison?
«J'ai eu un moment difficile dans ma carrière», a avoué le champion olympique du contre-la-montre, sur la pente descendante après son titre de Pékin qui représentait un aboutissement pour lui après trois saisons riches de (grands) succès. Problèmes personnels, absence de motivation, prise de poids pendant l'hiver, tous ces éléments ont été avancés pour expliquer l'échec de Cancellara dans les classiques du début de printemps qui sont d'ordinaire son premier objectif de la saison. Conscient que «la saison est longue», de son propre avenu, le coureur de Saxo Bank a repris les fondamentaux de son métier. Il s'est entraîné, s'est axé sur le Tour de France en passant par la case Giro, le Tour d'Italie dont il a couru 11 étapes. En six jours, il a conquis le maillot rouge à croix blanche qui désigne le champion de Suisse sur route et le jaune de leader du Tour.
Quels sont les perdants?
En premier lieu, Denis Menchov. Relégué à la 53e place de l'étape, le vainqueur du Giro est déjà distancé de 1'13'' par Contador. D'autres grimpeurs ont perdu gros dans ce contre-la-montre individuel, le seul qui figure au programme du Tour avant la sortie des Alpes et le rendez-vous d'Annecy dans... dix-neuf jours. Par rapport à Contador, le repère de la course, le Luxembourgeois Frank Schleck a cédé 1'18'' et son compatriote Kim Kirchen, très loin de son niveau des chronos du Tour 2008, 1'39''. En revanche, le vainqueur sortant, l'Espagnol Carlos Sastre, a limité la perte de temps à 48 secondes (tout de même!) et le cadet des Schleck, Andy, à 42secondes. Sensiblement plus que les valeurs montantes du peloton, le Tchèque Roman Kreuziger, l'Italien Vincenzo Nibali et l'Allemand Tony Martis, tous distancés d'une vingtaine de secondes par Contador.
Et Lance Armstrong?
Parti très tôt dans l'après-midi, le septuple vainqueur du Tour a suscité, comme prévu, l'effervescence du public et plus encore des médias. Suivi par le prince AlbertII, l'Américain a détenu le meilleur temps avant que Martin puis Leipheimer améliorent sa marque. Dans son parcours, il a multiplié les relances sur la route montant vers Beausoleil pour signer une performance honorable.
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