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Cyclisme

Doctor Lance et Mister Armstrong

12 juillet 2009

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Lance Armstrong, de retour dans le peloton, soigne sa communication avec minutie, tantôt se donnant le beau rôle dans la superproduction du Tour, tantôt distillant les petites phrases assassines pour déstabiliser ses adversaires.

 Le Lance Armstrong que certains traitaient de «monstre froid», à l'époque de sa domination absolue sur le Tour, s'efforce aujourd'hui de donner une image plus humaine: depuis des mois, il affirme que son retour est lié à sa lutte contre le cancer et à son désir de faire connaître la Fondation qu'il a créée à cette fin.

La vie de Lance

Il s'adresse désormais à des centaines de milliers de fans grâce à la messagerie internet «Twitter», où il raconte chaque jour, par petites phrases détendues, ce qu'il fait, la musique qu'il écoute, ses conversations, ses impressions sur la course. Face à la presse, il sait se faire mordant contre ceux qui, à ses yeux, salissent le sport qu'il aime. «Je pense que nous avons, nous coureurs, le devoir de raconter de belles histoires sur le Tour, et qu'il y a plein de gens dans cette salle de presse qui ne veulent raconter que de sales histoires» a-t-il asséné mercredi soir à Perpignan. «Alors si les coureurs restent dans leur bus après l'arrivée et ne viennent pas parler de la course, les journalistes vont commencer à échafauder des théories du complot tirées par les cheveux», a-t-il dit. Mieux même, il laisse entendre que c'est grâce à son retour que le Tour va enfin sortir des années de scandale. «Est-ce que vous trouvez que le Tour allait mieux en mon absence?», a-t-il demandé, sèchement, à un journaliste qui lui demandait si son retour n'était pas aussi le retour de la suspicion. Les Tours 2006 et 2007, il est vrai, ont été marqués par les affaires de dopage de Floyd Landis puis de Michael Rasmussen. Armstrong en sauveur du Tour, après en avoir été la bête noire? «Je ne ferai pas de bilan de la présence d'Armstrong, je préfère parler de la course, qui est magnifique, et ne pas focaliser sur un seul homme», répond Christian Prudhomme, le directeur de l'épreuve.

Acclamé par le public

Avec ses adversaires, l'Américain alterne le chaud et le froid. Le chaud, avec Carlos Sastre, dont il avait mis en doute l'an dernier la victoire dans le Tour, et à qui il a présenté des excuses. Profitant de l'occasion pour faire preuve d'humilité, tel le champion vieillissant qui, pour s'attirer la sympathie, avoue désormais ses faiblesses. «J'avoue avoir manqué de respect pour les gars qui étaient devant sur le Tour de France l'an dernier, pour Carlos Sastre», a dit Armstrong, «Aujourd'hui, je suis réaliste: je ne vais pas terminer dernier, mais ça va être très dur pour moi». Le froid. Avec son équipier Alberto Contador, qu'il n'hésite pas à piquer par de petites phrases qui, à la longue, pourraient déstabiliser le jeune Espagnol.

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