25 septembre 2009
Le Suisse Fabian Cancellara a écrasé, sur ses terres, le contre-la-montre des championnats du monde à Mendrisio qu'il a dominé à plus de 51 km/h.
A la façon d'Usain Bolt dans le sprint, le Bernois s'est offert le luxe de ralentir dans le final du parcours, long au total de 49,8km. Son avance était telle qu'il pouvait se permettre cette fantaisie et savourer son troisième titre mondial du contre-la-montre, après ceux de Salzbourg (Autriche) en 2006 et de Stuttgart (Allemagne) l'année suivante.
1'27'' d'avance sur le 2e
Ovationné par son public, le champion olympique de la discipline a repoussé à près d'une minute et demie le Suédois Gustav Larsson, qui était déjà son dauphin aux JO de Pékin. Rejoint avant la mi-course, Larsson a bénéficié du repère Cancellara pour s'adjuger très nettement la deuxième place, avec plus d'une minute d'avance sur l'Allemand Tony Martin. Dans son cavalier seul, rendu encore plus impressionnant par une vitesse des jambes sensiblement supérieure à celle de ses rivaux, Cancellara a rejoint et dépassé trois des coureurs qui le précédaient (Larsson, Wiggins, Rosseler). Il est apparu toujours aussi fort athlétiquement, même s'il a perdu quelques kilos -sans préciser son poids exact- par rapport l'époque de ses premiers titres. Le Suisse de 28 ans est revenu ensuite sur son grand objectif, la course en ligne de dimanche. «Bien sûr, je veux gagner mais c'est comme une loterie», a admis le premier maillot jaune du Tour de France 2009, devenu irrésistible dans les contre-la-montre. Il a ainsi dominé les deux chronos de la récente Vuelta qu'il a abandonnée après deux semaines de course afin d'aborder au mieux les Mondiaux.
Le moteur de Péraud
Cancellara a expliqué sa supériorité insolente sous le soleil de Mendrisio par un gros volume de préparation et le bonus représenté par le soutien du public à domicile : «C'est certainement le meilleur chrono de ma carrière avec celui des JO de Pékin.» L'opposition a été désintégrée, à l'image du Britannique Bradley Wiggins (21e) qui a perdu un possible accessit à cause d'un problème mécanique. Mais, au moment de l'incident, la révélation du dernier Tour était déjà rejoint par le cyclone Cancellara, pourtant parti deux minutes après lui. Côté français, Jean-Christophe Péraud (32 ans) a fait mieux que justifier sa sélection. Le médaillé d'argent des JO de Pékin en VTT s'est situé au 12e rang, à moins de 1'15'' du podium et d'adversaires qu'il ne connaît pas puisque l'ingénieur d'Areva n'a jamais appartenu au peloton élite. «Ce mec-là devrait être pro depuis des années. C'est un gros moteur!», s'est exclamé Laurent Jalabert, le nouveau sélectionneur national conquis par les qualités du Lyonnais d'adoption. Mais aucune équipe française ne s'est encore décidée à le recruter et à trouver un aménagement avec son programme VTT pour qu'il puisse tenter l'expérience de la route.
Contre-la-montre élite : 1. Fabian Cancellara (SUI), les 49,8 km en 57'55'' (moyenne: 51,580 km/h) 2. G. Larsson (SWE) à 1'27''; 3. T. Martin (GER) 2'30''; 4. T. Zirbel (USA) 2'47''; 5. M. Pinotti (ITA) 3'02''; 6. J. Brajkovic (SLO) 3'08''; 7. K. Moerenhout (NED) 3'11''; 8. A. Vinokourov (KAZ) 3'20''; 9. I. Konovalovas (LTU) 3'33''; 10. B. Grabsch (GER) 3'37''; 11. D. McCann (IRL) 3'40''; 12. J.-C. PÉRAUD (FRA) 3'43''; 56. J. COPPEL (FRA)7'36''.
Lamballe. Rill Lamballe. Nolan Beddiaf et Carine Talbourdet, vainqueurs
L'équipe Saur-Sojasun en stage à Quiberon La bande à Heulot plein gaz