7 novembre 2009
Brest a raté le grand tournant qu'il s'était promis de prendre à la corde. Sa défense, si sûre depuis deux mois, a flanché et craqué à quatre reprises sous les coups de boutoir des Vannetais qui ont su profiter de la soirée pour se relancer au classement.
Quand Brou Apanga mit à profit un corner de Grougi dévié par Liabeuf pour égaliser une troisième fois à la 73e minute, on se persuada que ce point chèrement acquis ne pouvait décidément plus échapper aux Brestois. Mais, non! Pour la quatrième fois de la soirée, Vannes allait reprendre l'avantage sur un coup de tête de Jarsalé (87e) et plier Brest en quatre. Une ultime faute d'inattention de sa défense que l'équipe stadiste n'aurait jamais dû se permettre si près du terme et après être passée par autant d'émotions douloureuses.
La méthode dure
Sans doute davantage que pour un match «normal», l'équilibre d'un derby tient souvent à peu de choses et le moindre décalage dans le jeu peut le faire basculer. Ce fut le cas avec ce ballon mal renvoyé par la défense et exploité adroitement par Kamissoko qui tira aussi profit d'une glissade d'Elana dans son but (39e). Et plus encore lors d'une intervention à retardement d'Elana qui, dans la surface, accrocha le pied de Camara lancé par Quintin avec pour suivre un penalty transformé par Mézague (7e). Entre ces deux parenthèses décisives des Morbihannais, on n'avait pas non plus reconnu les Brestois virevoltants, très percutants de la semaine passée, à l'image de Grougi qui avait bien du mal à trouver ses marques, ce qui privait alors Brest de sa meilleure source d'inspiration. A la décharge de ce dernier, il avait fait l'objet tout de suite d'un traitement musclé de Kamissoko, vite imité par Hervé et Leugueun, dont les tacles par-derrière sur Roux avaient quelque chose de répétitif et de pathétique. Comme si ce jeu très agressif semblait ériger en système pour ajouter aux difficultés d'une formation finistérienne très gênée par l'intense pressing adverse et qui ne parvint pas à se remettre complètement dans le sens de la marche après la première égalisation de Lesoimier (16e).
Roux réveille le stade Jarsalé l'éteint
La seconde période fut encore plus débridée que la première. Et en même temps que l'entrée en jeu de Socrier permit de mettre plus de pression sur la dernière ligne morbihannaise, Roux se montra sensiblement plus précis que Daja Djdéjé face à Elana (46e). Benvegnu, avancé, ne put empêcher le joli missile de l'ancien Lensois (59e) de réveiller l'idée du succès dans les travées brestoises. Mais il était dit qu'hier soir la douche froide serait toujours proche du moment de bonheur pour Brest, rendu par l'ardeur vannetaise bien moins à l'aise que d'habitude à mettre sa patte sur le match. Le coup de tête énergique de Brou Apanga ne fut, dans ce festival de coups de boutoir auquel donna lieu ce derby, qu'une réponse à la belle frappe de Reset, entré en jeu deux minutes plus tôt (71e). La dernière réussite de Jarsalé, toujours de la tête au milieu d'une défense figée, se situa aussi deux minutes après son apparition sur le terrain. Vous avez dit coaching gagnant pour Vannes et coup d'arrêt pour Brest?
Sur le premier but, il est en retard et fauche Camara. Sur le deuxième, il glisse. Sur le troisième, il ne peut rien mais sur le quatrième, il ne sort pas. Du mal à contenir Camara quand celui-ci vint sur son côté et beaucoup de passes ratées malgré un bon centre qui aurait pu amener le 4-4. Cloué aussi par Reset sur le troisième but. Pris par l'appel de balle de Camara dans son dos sur le premier but. Il marque tout de même un but précieux, qui sauve à peine son match. Très présent dans les airs et impeccable au duel, sauf quand il fut devancé par Dja Djédjé dès la reprise. Il fut toutefois le seul à répondre à la vitesse de ce poison de Camara. Très hésitant pour ne pas dire plus en première mi-temps. C'est lui qui se fait chiper le ballon sur le deuxième but vannetais. Quelques toiles encore par la suite. Totalement en travers. Un peu pris à son propre piège. Le pressing vannetais ne lui a pas permis d'orienter le jeu. A la sortie de Bouard (55e), il fut le seul récupérateur. Dur, dur... Même s'il rate son renvoi sur le but de Kamissoko, il est souvent ressorti balle au pied de la forêt de joueurs du milieu de terrain avant de céder sa place à SOCRIER (55e) pour des raisons tactiques. Socrier apporta beaucoup devant et il eut la balle du 3-2 après un beau contrôle de la poitrine (63e). Souvent disponible côté droit, il est parvenu à percuter la défense vannetaise en première mi-temps mais il a hélas raté son dernier geste (frappe écrasée, 35e; centre en retrait contré, 45e+3). Un bon travail défensif aussi. Pris dans l'étau. Avant la mi-temps, il ne parvint jamais à se rendre disponible devant le milieu dense concocté par Vannes dont ses chevilles se souviendront. Bien meilleur après la pause, il donne une passe décisive à Roux. Un but inscrit dans une mi-temps où le ballon n'est pas venu assez souvent de son côté, en partie à cause de la fébrilité de Daf. Mais il n'a pas proposé grand-chose non plus. Remplacé par LORENZI (89e). Beaucoup d'activité encore, une passe décisive et un but extraordinaire. Il ne fut pourtant pas épargné par Leuguen et Hervé qui n'ont fait que l'astiquer. Pourtant, c'est lui que l'arbitre, qui se fit un petit plaisir perso en l'avertissant (66e), prit en grippe. M.Delerue: complètement à côté de ses pompes en première période. Il eut le tort de laisser le jeu dur s'installer en ne sanctionnant pas les grosses fautes du début de match et il perdit complètement le fil. Les joueurs étaient calmés après la pause mais lui ne fut pas meilleur.
Très peu sollicité en première période, il ne pouvait rien sur le but égalisateur. Pas davantage sur le boulet de canon de Roux ou encore la tête de Brou Apanga. Soirée frustrante pour un gardien. Malgré le grand gabarit de Lesoimier, il a su s'imposer dans son couloir. Touché au genou dans la semaine, il a moins participé à l'animation offensive que d'ordinaire. Averti très tôt, il aurait pu être une nouvelle fois sanctionné mais l'arbitre n'a pas sifflé. Descendu d'un cran par rapport à d'habitude, il a été pris de vitesse par Roux sur le 2ebut égalisateur. Battu aussi dans les airs sur le centre de Roux pour Socrier (63e). Impliqué sur le premier but brestois, il a bien failli surprendre son gardien en voulant lui donner le ballon en retrait. Sanctionné pour jeu dur, le capitaine était un peu mieux ensuite et a délivré le ballon à Reset pour le 3ebut.
Entré en jeu à la 85e, Fabien Jarsalé donne la victoire aux Vannetais trois minutes plus tard. Le dégagement de Moïse Brou Apanga rebondit sur la tête du Morbihannais qui ainsi trompe Steeve Elana. Le dernier mot est revenu à des Morbihannais qui y auront cru jusqu'au bout et s'imposent une nouvelle fois sur la pelouse brestoise. (Photo Patrick Tellier)
Spectateurs : 8.577 spectateurs. Arbitre: M. Delerue. BUTS. Brest, Lesoimier (16e), Roux (59e), Brou Apanga (73e); Vannes, Mezague (7e s. p.), Kamissoko (39e), Reset (71e), Jarsalé (88e). Avertissements. Vannes : Hervé (12e), Leugueun (45e); Brest : Roux (66e), Kantari (87e). BREST: Elana - Bourgis, Brou Apanga, Kantari, Daf - Ewolo (cap.), Bouard (Socrier, 55e) - Poyet, Grougi, Lesoimier (Lorenzi, 89e) - Roux. Non entrés en jeu: Pontdemé (g.), Ferradj, Leroy. VANNES: Benvegnu - Martot, Hervé, Leugueun, Quintin - Kamissoko - Dja Djédé, Mézague, Sammaritano (Reset, 68e), Liabeuf (Jarsalé, 85e) - Camara (Gimbert 74e). Non entrés en jeu: Gnanhouan (g.), Duclovel.
CFA2. Ecommoy - Stade Brestois (B) Retour de Monnier