23 octobre 2009 - 1 réactions
À plus ou moins six mètres de hauteur, ils ont l'habitude de tutoyer les sommets. Soumis à un stage inspiré de l'entraînement des commandos marine, les meilleurs perchistes français ont exploré d'autres limites pendant trois jours et demi, à Lorient.
«À cette époque-ci, c'était soit ça, soit thalasso. Qu'est-ce que vous préfér... ». Jean Galfione, l'ancien champion olympique de la perche (en 1996) devenu chargé de mission à la fédération française d'athlétisme, n'a pas le temps de terminer: «Ça, carrément!»
Même pas peur
Au sortir de trois jours et demi d'un stage intensif dans la rade de Lorient, les sept athlètes (*) ont la mine épanouie et le revers de main facile. Ont-ils eu peur? Mal? Envie de plier les gaules? Non, rien de rien, ils ne regrettent rien... «Ils ont minimisé. Notamment l'appréhension qu'ils avaient», sourira plus tard un des membres de Pégasus Leadership, la société qui, en lien avec Jean Galfione, a confectionné ce stage sur-mesure. De leur programme, on ne leur avait rien dit. Juste qu'il y aurait des exercices physiques, qu'ils pourraient se retrouver dans le noir, et que les surprises seraient partout. Ils n'ont pas été déçus. Réceptionnés lundi soir, vers 20h, à la gare de Lorient, ils ne se sont couchés que vers 3h le mardi matin. Après avoir ramé de nuit pendant trois heures à sept dans un pneumatique puis effectué un parcours aquatique en tenue de ville dans l'eau glacée, avec apnées et franchissement aérien sur une corde.
«Ça, je ne l'aurais pas fait seul»
Ce n'était, bien sûr, que l'apéritif. Jusqu'à jeudi midi, les sept stagiaires ont enchaîné les difficultés. Ils n'ont rien fait de scabreux, pas dû choisir entre le jeûne et un ragoût de rat, mais ont quand même dû faire appel à des ressources insoupçonnées. Grimper à une échelle de spéléo, se jeter dans le vide ou dans l'eau, passe encore! Mais ramper en file indienne et à l'aveugle dans un tuyau d'égout sans savoir sur quoi il débouche au-delà du coude... C'était une mare de vase dont il faudra se sortir en équipe après avoir respiré un bon coup. Ce fut presque un soulagement. «Ça, je ne l'aurais pas fait seul», avoue un des stagiaires. C'est donc que l'un des objectifs du stage a été atteint. On peut le résumer en trois mots: émulation, dépassement, solidarité. L'autre consistait à se forger une carapace face aux événements. «Arriver à appréhender l'inconfort et l'imprévisible tout en restant concentré sur son objectif», résume l'un des formateurs. Rapporté à la perche, c'est faire fi de la pluie, du vent, de l'explosion de joie du public ou d'un javelot intempestif entrant dans votre champ de vision au moment où vous prenez votre course d'élan. Se forger un moral de vainqueur en somme. L'avantage avec les perchistes français, c'est qu'ils partent déjà de très haut.
* Étaient présents Romain Mesnil, Renaud Lavillenie et Damiel Dossevi, respectivement 2e, 3e et 6e lors des derniers championnats du monde, à Berlin, Jérôme Clavier, 4eperformeur français en 2009, ainsi que trois espoirs, Jonas Compagnoni, Stevy Dume et Flavien Basson.
CAB. L'école d'athlétisme brille à Plonéour-Lanvern
Sandra Lévénez. Un énième trophée, au goût particulier