24 août 2009
La palourde est l'un des coquillages les plus convoités du golfe. Par les pêcheurs à pied bien entendu. Mais aussi par 212professionnels qui travaillent sous l'oeil exercé de Jean Courseaux, garde-juré du comité local des pêches.
Les apparences sont parfois trompeuses. C'est le cas lorsque l'on voit pour la première fois Jean Courreaux, garde-juré du comité local des pêches. Flanqué d'une paire de lunettes de soleil, le marin est à la barre d'un semi-rigide flambant neuf de 8,80m propulsé par un monstre de 300chevaux. Serait-il le genre d'homme à frimer, fort de son embarcation rutilante et de ses pouvoirs de police? La réponse est non. C'est même tout l'inverse, tant le personnage respire l'humilité et le sens de la modération. Une matinée passée en sa compagnie suffit pour s'en convaincre. Si Jean Courseaux n'a rien d'un shérif sur l'eau, cela tient sans doute à son tempérament, mais aussi à son expérience. «J'ai exercé comme pêcheur professionnel jusqu'à l'âge de 50ans. J'avais un chalutier-palangrier à Quiberon. Vu que le métier devenait de plus en plus difficile, je me suis reconverti en garde-juré en 2002.Les marins-pêcheurs que je contrôle le savent. Je suis en permanence en contact avec eux».
Vérifier la taille des prises
La mission principale du garde-juré consiste à vérifier le respect de la taille des prises, qu'il s'agisse de poissons, de crustacés ou bien de coquillages. En revanche, la vitesse des embarcations et la sécurité à bord n'entrent pas dans son champ d'action. «Je fais plus de prévention que de répression, affirme Jean Courreaux, en charge du secteur d'Auray-Vannes. La plupart des personnes à qui je délivre un premier avertissement respectent les règles par la suite». Assermenté par le tribunal d'instance d'Auray, le garde-juré travaille en permanence en liaison avec les Affaires maritimes, par lesquelles il est commissionné, et avec la brigade de gendarmerie nautique de Quiberon. Il lui arrive de participer à des opérations coordonnées de lutte contre le braconnage. De mai à septembre, le semi-rigide de Jean Courreaux fréquente assidûment le gisement de palourdes du golfe, exploité par 215pêcheurs titulaires d'une licence (lire ci-après). «Ils ont le droit de ramasser deux heures avant la marée basse à Arradon, et deux heures après. Je veille au respect de ces horaires. Dans l'intervalle, j'en profite pour aller contrôler les plaisanciers qui croisent sur le golfe», explique le garde-juré.
Les plaisanciers avaient une pige
Alors qu'il fait route vers Saint-Armel, Jean Courreaux croise Serge, un marin-pêcheur de Séné qui vient de relever ses casiers à anguilles. «Je connaissais Jean du temps où il était pêcheur, raconte ce dernier. En tant qu'ancien professionnel, il a une bonne perception du métier». À l'heure de midi, le garde-juré décide d'aller à la rencontre de plaisanciers qui mouillent près de l'île de Lern. À bord: un couple de Bretons demeurant à Clisson (44) et un autre originaire du Maine-et-Loire. «Bonjour messieurs dames. Je viens contrôler le produit de votre pêche à pied», lance Jean Courreaux. Les vacanciers obtempèrent avec le sourire. Et pour cause: leurs paniers recouverts de goémon ne contiennent que de grosses palourdes. «J'utilise une pige à 3,50cm pour vérifier leur gabarit», précise l'un des plaisanciers qui se dit soucieux de préserver la ressource. «Bravo! Elles font toutes la taille, se réjouit le garde-juré. Continuez comme ça. Il faut donner l'exemple».
«Je fais plus de prévention que de répression».
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