1 août 2010
En l'espace de quelque 200mètres, entre la place HenriIV et le bas de la rue de la Monnaie, ils étaient quatre, hier à l'heure du déjeuner, à jouer de la musique pour les passants. Celui dont le style se rapprochait le plus du jazz était peut-être ce Rennais de 61ans, Carlos Papagueno. Mais en s'installant devant la cathédrale Saint-Pierre, il ne savait pas que la ville vivait au rythme de Jazz à Vannes depuis lundi. De quoi faire sourire son voisin, d'Ille-et-Vilaine aussi. Par le passé, ce professeur de batterie et de percussions de 40ans a vu Marcus Miller, «l'un des dix meilleurs bassistes au monde», se produire dans le jardin de Limur. Peut-être avec l'argent récolté auprès des touristes remontant du marché intra-muros, puisqu'il arrondit ses fins de mois en jouant de son marimba, sorte de xylophone géant fait de lames de bois. Sur la pancarte décrivant l'instrument, le «piano national au Mexique et au Guatemala», il est indiqué que le quadra peut reprendre du jazz. «Je fais deux morceaux de blues», dont «Don't Worry, Be Happy», tube signé Bobby McFerrin.
Priorité aux fanfares
En moyenne, l'enseignant gagne 100EUR par jour. Chiffre qu'il devrait atteindre sans problème: en trois heures, il avait déjà glané environ 40EUR en petite monnaie. Et vu la fréquentation dans les rues en ce week-end de fin de Jazz à Vannes et d'arrivée des aoûtiens, comme on les appelle... «C'est le premier jour de l'été où il y a du monde». Pour Gérard Allalia, autre guitariste posté en haut de la place HenriIV, la moisson semble moins fructueuse. De toute façon, sa moyenne quotidienne à lui, c'est plutôt 15EUR, avec des pointes à 25EUR les bons jours. Le Quimpérois de 55 ans évoque les fanfares estampillées Jazz à Vannes qui arpentaient les rues de la cité: «Quand je les croise, je bouge dans un autre endroit de la ville. C'est important le respect des musiciens», officiels qui plus est. Celui que des évangélistes ont surnommé le «baroudeur du Christ» donne plutôt dans la chanson engagée.
Jazz à Vannes coché sur son calendrier
Et puis voilà Giorgio, 30ans. Assis sur un banc devant la crêperie de la Place, il gratte sa six cordes pour en sortir des sonorités blues, swing et... jazz. Et présente son chapeau. Bilan: 15 EUR en quarante minutes. Depuis quelques années, il fait le voyage depuis son pays de résidence, la Roumanie, pour passer un mois en France. Souvent, Giorgio opte pour Vannes et vise alors la période du festival.