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Vannes ville

Boismoreau. Chasse aux trésors funéraires

2 novembre 2009

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En ce jour des défunts, François Ars, docteur en histoire contemporaine et conseiller municipal délégué au patrimoine, nous présente les tombes du cimetière de Boismoreau sortant de l'ordinaire.

Division du clergé. Dans le cimetière de Boismoreau, le plus ancien de la ville de Vannes - son inauguration remonte au 27février 1792-, des tombes, parmi les quelque 7.000 recensées par François Ars, sortent du lot. En y pénétrant par l'entrée du boulevard de la Paix, le conseiller municipal délégué au patrimoine attire notre attention sur la première
division, consacrée au clergé. Et jette un coup d'oeil vers la gauche, en direction du «très beau» mausolée de monseigneur de la Motte de Broons et de Vauvert. Une oeuvre de style néo-gothique, datant de la seconde moitié du XIXesiècle et signée Marius Charier, architecte du département et du diocèse. On doit à ce dernier la façade de la cathédrale. Deux autres tombes marquent le docteur en histoire contemporaine: celle du bienheureux père Pierre-RenéRogue guillotiné en 1796, «particulièrement vénérée par les fidèles qui y déposaient de nombreux ex-voto (*)», et, surtout, celle du père Leleu, «jésuite décédé en odeur de sainteté à Vannes, en 1849. Ce pieux personnage avait désiré mourir à genoux et c'est ainsi que sa statue le représente». 3e division, 2e rang, 6e place. À découvrir, la tombe de Théophile Quennec, le jardinier des douves de la Garenne, qui a construit les célèbres lavoirs au début du XIXesiècle. Sa particularité: être enterré avec ses trois épouses, Vincente Le Clainche, Marie Mayeux et Marie Truel
.
8e division, 6e rang, 7e place. Petite curiosité avec la croix Fitzgerald, tombeau inscrit à l'inventaire des monuments historiques en 1937. Gerarld Fitzgerald Lentaigne de Tallagh était un jeune Irlandais de 16 ans, mort en 1867 alors qu'il suivait ses études au lycée Saint-François-Xavier. 29e division, 4e rang, 6e place. À voir, la colonne «brisée» dite Zéa: il s'agit de Zéa-Renée Victoire Dubois (1848-1885), épouse d'Auguste Gouin, décédée rue Saint-Vincent
.
20e division, 1er rang, 10e place. Parmi les maires inhumés au cimetière de Boismoreau, citons Maurice Marchais, édile en chef entre1933 et1941, puis en194
4 et1945, l'année de sa disparition. 13e division, 9e rang, 3e place. Des tombes «militaires» valent aussi le détour, comme celle de Cyprien Wolski (1804-1894), ancien officier de l'ex-armée polonaise. Division B.Sept soldats anglais et deux autres, australiens, sont enterrés là. Leurs appareils avaient été abattus durant la Seconde guerre mondiale, à Pluneret (1940) et Grand-Champ
(1942).

* Tableau, objet symbolique, plaque portant une formule de reconnaissance que l'on place dans une église ou une chapelle, en accomplissement d'un voeu ou en remerciement d'une grâce obtenue.

  • Aurélien Douillard

Un vrai temps de Toussaint pour visiter les cimetières

Les parapluies étaient aussi à la mode que les fleurs hier matin dans les cimetières vannetais. Les élus et les anciens combattants ont eu le droit à un véritable déluge à 10h30 au cimetière de Calmont, première étape de leur tour des monuments aux Morts. Après un passage à la Garenne, c'est à Boismoreau qu'ils ont déposé une troisième série de gerbes, sous un crachin persistant, avant de filer à la gare où un monument commémore les actes de résistance d'anciens cheminots. Pendant ce temps-là, quelques familles avaient aussi affronté les éléments pour se recueillir sur la tombe de leurs ancêtres ou de proches disparus. Certains n'attendent pas la Toussaint pour venir au cimetière: «C'est important d'honorer les morts de notre famille, estime Marie-Thérèse Le Gal, une retraitée vannetaise. Mes parents sont décédés depuis plus de 30 ans, mais nous continuons à venir très régulièrement pour fleurir leur tombe. Beaucoup d'amis me disent qu'ils ne vont pas au cimetière le jour de la Toussaint, parce qu'il y a trop de monde, et qu'ils préfèrent venir un autre jour dans la semaine pour être plus au calme.» Pour d'autres, en revanche, penser aux défunts rime avec Toussaint: «On vient tous les ans sur la tombe de nos grands-parents», expliquent Philippe et Stéphanie Roche, deux trentenaires. Pour Philippe, «c'est une coutume: enfant, je le faisais avec mes parents, alors je continue». Stéphanie ose une comparaison avec le sourire: «C'est comme la Saint-Valentin pour l'amour. Certains n'invitent leur dulcinée au restaurant que ce jour-là. Nous, on ne se rend au cimetière qu'à la Toussaint! C'est l'occasion d'avoir une pensée pour nos ancêtres».
  • Laurent Guenneugues

Les deux cimetières en chiffres

Boismoreau et Calmont. Vannes renferme deux cimetières: Boismoreau (33.729m² et environ 6.000concessions) et Calmont (30.980m² et quelque 4.000concessions, en attendant une extension de 9.000m², effective dans le courant du deuxième semestre 2010). Chaque site dispose d'un columbarium et de places disponibles. Rapport sépultures traditionnelles et crémations. Sur les neuf premiers mois de l'année, on dénombre 177 inhumations classiques pour 66crémations. Ces incinérations se répartissent ainsi: 27 dépôts d'urnes en pleine terre ou en caveau, 15dispersions dans le Jardin du souvenir, 13dépôts de cendres en columbarium et 11 en «caves urnes». Concessions, les tarifs. Depuis une vingtaine d'années, les concessions perpétuelles n'existent plus. Restent trois possibilités, à savoir des concessions d'une durée de quinze (313,65EUR), trente (674,65 EUR) ou cinquante ans (1.331,80 EUR), toutes renouvelables. Un emplacement, également reconductible, dans un columbarium revient à 644,30EUR sur quinzeans. Un coût supérieur pas aussi surprenant qu'il n'y paraît: la famille du défunt participe financièrement à la construction du mur ou du monument «alvéolé». Tombes abandonnées. Après l'inventaire des tombes permanentes laissées à l'abandon, les services municipaux ont décidé d'en conserver 75 eu égard à leur valeur patrimoniale. Et 200autres doivent être étudiées d'encore plus près.
  • A.D.
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«Nous nous trouvons dans une ville où les vivants, sans le savoir, marchent sur les morts»

  • François Ars.

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