5 août 2009
«Les jeux sont faits, rien ne va plus»... Il manie les cartes et les jetons. Jérôme Claquin a 25 ans, il est croupier au casino de Carnac. Sa mission, chaque jour: mettre son habileté au service des joueurs.
Comment devient-on croupier?
Il existe plusieurs façons. Une école privée forme les croupiers... Le hic c'est qu'elle coûte 4.000EUR. Par contre, on en ressort au top. Pour ma part, j'ai bénéficié d'une formation en interne, à Carnac. Un cadre nous entraîne à la manipulation des jetons, aux différentes règles. Ensuite, on se fait la main pendant les séances d'initiation le dimanche. Le but: multiplier la pratique pour avoir une bonne dextérité.
Pour être un bon croupier, il faut des qualités?
C'est sûr. Tout d'abord, il faut savoir compter (rires). Il faut aussi savoir animer sa table. Si un croupier n'est pas dynamique, il n'est pas utile. Il faut avoir la «tchatche» et un certain style. Par exemple, moi je retourne toujours les cartes les unes après les autres, pour faire monter le suspense. Un de mes collègues les retourne toutes en même temps, d'un seul geste. On a tous notre méthode, que l'on ajuste en fonction de la clientèle.
Un bon croupier est-il physionomiste?
On le devient. On reconnaît ses joueurs habitués. On sait comment ils jouent et surtout comment ils misent. Souvent, on anticipe leur décision, c'est une question d'habitude. Il arrive aussi qu'un croupier change sa façon d'animer une table parce qu'il sait comment séduire tel ou tel joueur.
Il faut donc être commercial?
Oui. Il faut savoir relancer, proposer de rejouer ou offrir une assurance, c'est-à-dire un moyen au joueur de sauver les meubles. Il se sent ainsi en confiance et continue à jouer.
Avec Internet et tous les films sur le poker, y a-t-il une nouvelle clientèle?
On voit surtout beaucoup de jeunes depuis deux ans. Il ne faut pas se leurrer, Patrick Bruel y est pour beaucoup. Depuis qu'il commente les matchs de poker sur Canal+et qu'il a lancé son DVD «Poker coach», il a démocratisé le jeu. Ici, le samedi soir, j'ai toujours été impressionné par le nombre de jeunes qui viennent jouer à la roulette. Ils débutent, posent des questions, jouent la sécurité... Mais au final se débrouillent bien.
Dans les séries télévisées, on voit beaucoup de tricheurs. Ça vous arrive d'en avoir?
Bien sûr. Il y a ceux qui comptent les cartes avec des appareils, ceux qui les marquent ou ceux qui communiquent entre eux pendant une partie. C'est interdit et lorsque nous en attrapons un, nous devons contacter la police judiciaire, les renseignements généraux ou la gendarmerie. Dans ce cas, les cartes sont saisies, ce sont des pièces à conviction pour l'enquête.
On dépense beaucoup, et on gagne gros?
Cela dépend des gens. Les débutants sont souvent prudents. Par contre, les gros joueurs vont parfois changerpour1.000EUR de jetons, et ça plusieurs fois dans la soirée. Régulièrement, ça paye. La semaine dernière j'ai payé 1.500EUR à un joueur, assis à ma table depuis seulement une heure et demie. De temps en temps c'est le jackpot. Certains clients partent avec 10.000EUR dans les poches après avoir été chanceux à la roulette. Le hasard fait bien les choses. Pratique Casino Barrière de Carnac, 47 avenue des Salines. Tél.02.97.52.64.64. Ouvert dès 11h. Machines à sous, jeux de tables, roulette, restaurant et bar.

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