6 novembre 2009
Depuis « La blanche hermine», en 1971, Gilles Servat a tracé son chemin artistique. Avec le conte, sa route jalonnée de musique, chansons, cinéma, théâtre, peinture et écriture, prend une nouvelle direction.
Comment le chanteur Gilles Servat est-il devenu conteur?
En lisant «Textes mythologiques irlandais» j'ai eu envie d'apprendre l'irlandais ancien, langue dans laquelle ils sont écrits. J'ai donc suivi les cours de M.Guyonvarc'h, à la faculté de Rennes, comme auditeur libre. Heureusement que j'avais fait du latin, du grec ancien et du breton car l'irlandais ancien ce n'est pas de la tarte à déchiffrer. Un jour, dans une librairie spécialisée de Quimper, j'ai trouvé un livre en anglais avec «Le cochon de Datho», texte qui n'est pas sans rappeler Rabelais dans la démesure. Ce devait être à l'origine un conte. En le traduisant en français et en breton, j'ai eu envie de raconter cette histoire, de la partager avec le public.
Quelles difficultés avez-vous rencontré?
Au début je ne m'autorisais aucune liberté avec le texte car il était pour moi comme sacré et surtout je pensais trop théâtre. Après réflexion, j'ai réussi à discerner conte et théâtre. J'ai compris qu'il fallait faire participer le public pour que le conte devienne vivant. Dans l'histoire, deux peuples s'affrontent, les Ulates et les Connachta. Je divise donc la salle en deux. Les spectateurs se chicanent, s'engueulent et discutent. Après de nombreuses évolutions, le spectacle a atteint sa plénitude.
Vous allez continuer à explorer les contes?
C'est un domaine très vaste. Il existe un vrai répertoire qui ne demande qu'à être exploré. En tant que chanteur j'éprouve une vraie frustration quand j'écris un roman car la scène me manque. J'aime beaucoup le fantastique qui n'a pas trop sa place dans la chanson. On retrouve tout ça dans le conte. Quand je joue une histoire sur scène sans lumière et sans sono, j'ai l'impression de revivre. Le plus souvent je joue avec deux musiciens mais ce soir c'est la formule solo que je présente. Après je ferai un tour de chant.
Un petit mot de «Kejaj», le spectacle du 40e anniversaire du bagad...
Je suis membre du bagad Roñsed Mor, j'ai mon costume! Pour ce spectacle j'interprète des airs traditionnels et surtout j'ai la chance de chanter du Kan ha diskan avec Louise Ebrel. Une grande première avec une grande dame que je connaissais bien sûr, mais nous n'avions pas encore eu l'occasion de travailler ensemble. Et quand on m'a dit son âge ça rassure sur l'avenir tellement elle a la pêche.
Et la chanson?
J'ai un album en préparation mais les chansons ne sont pas finies. Un album ne doit pas être linéaire, il doit être dentelé et ressembler à une promenade avec des côtes, des descentes, des bois, la mer et la montagne. Les tempêtes et les dangers y ont leur place. Pour l'instant je suis encore en plaine. La sortie est prévue pour 2010.
Pratique Ce soir au Spoum à 20h30 (spectacle complet). Demain, samedi 7novembre, Gilles Servat participe au spectacle Kejaj, créé pour le quarantième anniversaire du Bagad Roñsed Mor, à 20h30 à la salle Emeraude à Locoal-Mendon. Entrée 15EUR.
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