9 mai 2009
Le préfet du Morbihan est finalement revenu sur le projet d'arrêté qui prévoyait la fermeture des bars à minuit. Une nouvelle qui a fait souffler le chaud dans les établissements alréens...
La menace semble levée... pour l'instant. Malgré la décision du préfet de ne pas fermer les bars à minuit, comme un temps envisagé, et même s'ils sont moins directement concernés que leurs collègues de Vannes, Lorient ou Pontivy, les patrons alréens restent méfiants.
L'argument économique
Laurent Cayrel a prévenu: ou les bars font de réels efforts pour réduire les nuisances sonores, ou ils seront dans l'obligation de fermer leurs portes une heure plus tôt (deux heures pour les bars de nuit). Pas de quoi redonner le sourire à un secteur qui ne semble pas au mieux de sa forme. Jean-Louis Ciolfi tient le pub Le Honky Tonk, qui ferme ses portes à 1h, à Saint-Goustan: «Le fait de fermer à minuit serait terriblement pénalisant. Le chiffre d'affaires s'en ressentirait fortement, au point de devoir cesser l'activité». Même argument économique du côté du Bachtacuzi, avenue du Général-De-Gaulle: «Si je ferme à minuit, je vais être obligée de licencier mon employé. En général, le plus gros de la clientèle n'arrive qu'à 23h», explique Nadine Rivard. Sur la question de la santé publique, Jean-Louis Ciolfi rappelle que «Les bars ne représentent que 12% de la vente d'alcool en France, contre 80% aux magasins et grandes surfaces».
Pas une ville étudiante
Michel Robert, le patron de l'Armoric, à Saint-Goustan, souligne pour sa part la différence avec les villes étudiantes: «Nous sommes moins concernés par les débordements du jeudi soir. Ici, quand les jeunes dépassent les limites, ils admettent sans remarque de ne plus être servis et quittent docilement l'établissement. Par contre la clientèle de plus de 30 ans est nettement plus difficile à gérer». Marc Toullec, gérant du Billabong Café, rue Clemenceau, partage la même analyse: «La réduction des horaires des établissements de nuit ne changera rien à la consommation d'alcool dans le pays. Par contre, le préfet doit pouvoir adapter les règles en fonction des problèmes de nuisances et de publics, qui ne sont pas les mêmes à Vannes ou à Auray». Après la fermeture du pub le Donegal, le Billabong Café est, avec le Corto, l'un des deux derniers établissements du centre-ville classé en bar de nuit, avec l'autorisation d'ouvrir jusqu'à 2h. Ils seraient donc doublement pénalisés par une obligation de fermer à minuit.

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