6 novembre 2009
Il faudra attendre mardi, pour connaître l'avis du tribunal de commerce sur la reprise ou la liquidation de l'entreprise Modicom. Hier, les juges ont repoussé leur décision, laissant le personnel plutôt optimiste.
Un bouchon d'une quinzaine de kilomètres entre Lorient et Brandérion, un cortège de véhicules de chantier, les salariés de l'entreprise Modicom sont venus en force, hier matin, écouter le jugement du tribunal de commerce de Lorient. Ils s'attendaient au pire. Ils ont eu droit à: «Le tribunal proroge le délibéré jusqu'au mardi 10novembre à 11h». Ils reviendront donc la semaine prochaine.
Un passif de 30MEUR
Le juge Renoult a longuement rappelé les différentes étapes de ce dossier. Il s'interroge encore sur l'offre de reprise déposée par la SARL Gest. Invest et son gérant, Sylvain Gréverand. Le passif est important: de l'ordre de 30MEUR. Le tribunal insiste cependant sur «la clientèle et le savoir-faire de salariés dont les intérêts se doivent d'être considérés et préservés». Depuis la semaine dernière, Sylvain Gréverand a apporté un certain nombre de documents garantissant sa proposition. Mercredi soir, il complétait son dossier par des éléments «que le tribunal n'a pas eu le temps matériel d'examiner en détail». Malgré cela, le tribunal a constaté que les soutiens bancaires étaient apportés «sous réserve du soutien d'Oseo, organisme public garantissant la société repreneuse pour l'exécution des chantiers provenant de marchés publics». Le tribunal estime également qu'il existe une incertitude sur le prix offert pour la cession, en raison des éventuelles pénalités que pourraient supporter certains chantiers. «Tous ces éléments doivent impérativement recevoir des éclaircissements», estime le tribunal qui a donc décidé de reporter sa décision à mardi. À l'issue de l'audience, Sylvain Gréverand a choisi la prudence et n'a pas souhaité faire de commentaires. Michel Modicom, celui qui a fondé cette entreprise en 1979, a souhaité «que le repreneur lève toutes les réserves émises par le tribunal.La balle est dans son camp. Moi, ma vie est finie. L'avenir, c'est mon fils et mes gars», nous a-t-il confiés. «Ce que je ne veux pas, c'est une liquidation business... Je suis sûr que Sylvain Gréverand est quelqu'un de sérieux».
Le soutien de Cap l'Orient
Du côté du personnel, Daniel Le Loër, représentant au CHSCT, était plus optimiste que la veille: «Il nous reste encore quatre jours pour faire pencher la balance du bon côté...» Dans l'après-midi, il menait une nouvelle délégation qui a rencontré Norbert Métairie, président de Cap l'Orient. Celui-ci s'est dit «très attentif» à la situation des salariés et de l'entreprise. Il souhaite qu'un «plan crédible de reprise puisse être présenté» au tribunal de commerce et que le délai supplémentaire accordé par le tribunal puisse être mis à profit pour vérifier tous les éléments de ce projet de reprise. «Vivement que tout ça s'arrête. On sait qu'il y a du travail dans le bâtiment. Il nous faut une décision claire pour tous. La situation n'a que trop duré. Ça commence à porter sur les nerfs...». La patience des salariés de Modicom commence à montrer ses limites.
«Il y a du travail pour tous. Vivement que ce soit clair. Çacommence à porter sur les nerfs...»
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