2 novembre 2009
Cela peut paraître inutile, donc c'est indispensable. Yann Lukas vient de publier ses Miscellanées bretonnes. Un recueil de petits riens qui nous en apprend beaucoup sur notre région.
C'est le genre de bouquin qui traîne sur la table de chevet... ou aux toilettes, c'est selon. Non pas qu'il ne soit pas intéressant, au contraire, mais parce que c'est typiquement le livre que l'on picore plutôt que l'on dévore. Deux, trois pages avant de s'endormir, quelques infos glanées ici et là. Sur la place lorientaise, on ne présente plus Yann Lukas. Journaliste, auteurs de livres régionaux, de romans, de recueils de poésie, l'homme est prolixe. Voilà qu'il explore un nouveau registre: les miscellanées. Quel joli mot pour briller en société. Mais au fait, c'est quoi? Un genre littéraire oublié, à tel point que l'auteur se sent obligé d'en donner la définition. «Miscellanées: recueil d'articles divers, scientifiques ou littéraires, du latin miscellanea, choses mêlées». Certains se souviennent des Miscellanées de Mr Schott, publiées en France fin 2005 et de ses Miscellanées culinaires, sorties deux ans plus tard. Une succession de petits riens, qui ont connu un réel succès. «Je les ai lues et je me suis dit pourquoi ne pas écrire des miscellanées celtiques. Et puis j'ai pensé, autant faire ce que je connais le mieux».
Le poulet au chocolat
Voilà, il livre sa Bretagne «en pièces détachées». Une sorte de bric-à-brac que l'on peut juger farfelu, voire inutile, mais au final indispensable. La recette du homard à la Houataise, une compilation météorologique des étés bretons, les meilleures histoires bigoudènes et léonardes, l'alcoolisme en Bretagne, la recette du poulet au chocolat, une initiation à la langue bretonne, ou comment draguer en breton... «On y apprend plein de choses mais ce n'est pas fait pour les retenir. Surtout, les lecteurs me disent que c'est drôle». Drôle pas toujours. Amusant, souvent. «Je veux faire plaisir au lecteur en ne le prenant pas pour un con». Pari réussi. Dans ses miscellanées, Yann Lukas y a mis tout ce qui le touche, le passionne. Un peu d'histoire, de la littérature et son amour pour Julien Gracq, son goût pour la botanique, la cuisine et l'art en général. Ce sont des petits résumés, engagés parfois.
Une suite
Tout cela a demandé un travail énorme. Compiler, vérifier, «c'est le bouquin qui m'a donné le plus de travail». Même si ça fait sourire, il faut être sérieux. Édité à 3.000 exemplaires, c'est un cadeau parfait pour les fêtes de fin d'année. Déjà, l'auteur s'est plongé dans une suite. «J'y évoquerai la centrale nucléaire de Brennilis, ou l'histoire de la fraise de Plougastel». Plus insolite, le lecteur y découvrira la définition de BZH, sigle international de l'aéroport du Tatarstan. Indispensable, ou vous dit. Pratique Miscellanées bretonnes aux éditions Palantines. 200 pages, 15 EUR.
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