1 octobre 2009
Alain Merckelbagh est économiste, ancien directeur de l'environnement et de l'aménagement littoral à l'Ifremer, mais également ancien conseiller du ministre de la Mer. Auteur d'un livre intitulé «Et si le littoral allait jusqu'à la mer», il a abordé les principaux thèmes de son ouvrage lors d'une conférence, mardi, à la Maison de la mer, organisée dans le cadre des Mardis de la Thalassa.
Comment définir le littoral?
Il n'y a pas une définition du littoral, chacun en a sa définition. Je considère cet espace comme les communes en contact avec la façade maritime et celles qui sont proches des estuaires.
La loi littorale de 1986 ainsi que la création du conservatoire du littoral sont deux mesures importantes pour la préservation de la zone côtière. Pourquoi, malgré ces dispositifs, l'urbanisation de la côte et le tourisme ne se relâchent pas?
L'attractivité est extrêmement forte. La loi littorale n'interdit pas la construction mais organise les espaces réservés à la construction et aux différentes activités. La seule interdiction claire est l'impossibilité de construire dans la bande des 100m depuis le rivage. Sans cette loi, la dynamique résidentielle serait beaucoup plus anarchique et probablement plus intense. La Bretagne a un statut particulier puisqu'elle est la région présentant la plus forte progression de l'urbanisation.
Qui décide sur la zone littorale, entre l'Union européenne, l'État, les collectivités territoriales?
Les trois niveaux jouent leur rôle. L'Union européenne détient un rôle important pour tout ce qui est relatif à l'environnement, par la mise en place de normes. Le maire dispose d'un pouvoir accru en urbanisme du fait de la décentralisation importante des pouvoirs en France. L'État, quant à lui, est de plus en plus absent dans les décisions et a du mal à se situer entre les deux acteurs précédents.
Pour un développement durable du littoral de Lorient et sa région, quelles sont les actions à privilégier? Quels sont les atouts de l'agglomération?
Je ne suis pas la personne la plus compétente sur cette question, pour le secteur de Lorient. La ville a réussi à maintenir sa pluriactivité, réagir au départ de la Marine nationale. De plus, l'agglomération est soucieuse de la mixité sociale, en termes de revenu et de démographie. En d'autres termes, il apparaît plus facile financièrement de s'y loger par rapport à d'autres régions côtières. Enfin, Cap l'Orient est très engagée en matière de qualité de l'environnement, ce qui est un point positif pour la région.
Quelle est l'utilité du Grenelle de la mer?
Le Grenelle de l'environnement avait très peu parlé de la mer. Les élus bretons l'ont fait remarquer, et ce Grenelle spécifique au domaine maritime est né afin de fixer des objectifs de développement des énergies renouvelables, de créer des aires marines protégées ainsi que d'améliorer la recherche et la connaissance du milieu marin.
Pratique Alain Merckelbagh a publié un ouvrage «Et si le littoral allait jusqu'à la mer», aux éditions Quae.
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