4 novembre 2009
Créés en 1937, les Chantiers et Ateliers de la Perrière ont fermé leurs portes, il y a 20ans. L'ex-délégué syndical, Pierre Floch, évoque les grands moments de ce fleuron de l'économie locale.
Que représentaient les Chantiers et ateliers de la Perrière dans le pays de Lorient?
C'était l'une des plus importantes entreprises privées du pays de Lorient. Évidemment, la SBFM était aussi une grosse boîte. Mais eux, ils dépendaient directement de Renault. Nous, il fallait qu'on aille les chercher, nos contrats! Il faut savoir que les Chantiers et ateliers de la Perrière ont compté plus de 400 salariés à une époque, sans compter les intérimaires. C'était une belle boîte avec un très bon niveau de qualification du personnel, des accords sociaux intéressants et un bon climat.
Où se situait l'entreprise?
Au début, dans les années trente, ça s'appelait les Ateliers mécaniques de la Perrière. Le siège était à Keroman, face à la criée. Puis, les chantiers se sont installés boulevard Abbé-Le Cam et se sont appelés Chantiers et ateliers de la Perrière (CAP), avant d'arriver rue de l'Ingénieur-Verrière.
Quelle en était l'activité?
Dans un premier temps, la société ne faisait que de la réparation de bateaux de pêche. Puis, on est passé à la construction navale. De l'acier, on est passé à l'alu, grâce à l'ingénieur Toullec qui venait de l'aéronautique. Le premier chalutier «pêche-arrière» est sorti de chez nous. Les Pen Duick III, IV et V aussi. Les dirigeants avaient su diversifier l'activité: on fabriquait des pontons flottants et des passerelles.
Pourquoi l'entreprise a-t-elle fermé?
Il y a eu notamment une mauvaise affaire en 1981 avec un armateur grec. Un devis très sous-estimé pour un voilier-navire à passagers de 150 personnes. La trésorerie de l'entreprise en a pris un coup. La société a été vendue à la Euromar en 1983, puis en 1987 à Piriou de Concarneau qui n'est pas resté plus de deux ans. L'armement Lucas, non plus, n'a pas gardé l'entreprise. En 1989, René Keraron l'a rachetée. Quand il a vu l'état des finances, il a déposé le bilan. Il a monté un dossier de reprise avec le groupe Bastide de Brest, mais le tribunal de commerce préféré Le groupe Leroux et Lotz de Nantes.
Que sont devenus les salariés?
Les repreneurs avaient promis d'embaucher près de 200 personnes, finalement, ils n'en ont repris que 150 en CDI. Les anciens CAP sont devenus LNI, ils sont partis au Rohu à Lanester. Plus tard, ils ont été rachetés par Alstom, puis par Aker Yards. Aujourd'hui, c'est le groupe STX. Moi, je n'ai pas été repris par Leroux et Lotz qui avait posé comme condition le départ des deux délégués syndicaux de la CFDT, René Le Pauder, et moi-même. On a dû aller travailler ailleurs. Aujourd'hui, je regrette d'avoir cédé. J'ai perdu de l'argent au passage.
Gardez-vous des contacts?
On continue à se voir. D'ailleurs, plus de 80 personnes se sont déjà inscrites pour le repas du 29novembre où on fera une exposition de tous les documents concernant l'entreprise que chacun a gardés. On était 110 convives pour les dix ans. Repas des 20 ans de la fermeture des CAP au restaurant de la Cité de la Voile le 29novembre. 02.97.65.31.33.
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