2 novembre 2009
La crise aurait-elle épargné le marché du camping-car? Peut-être. Après une pause, les ventes reprennent de plus belle. Le point avec Paul-Vincent Leguy, secrétaire de l'association des distributeurs de matériels de loisirs de l'Ouest.
Comment se porte le marché du camping-car?
Le marché se porte bien en ce moment. Après une baisse qui nous a fait un peu peur, en 2008, avec une chute de nos ventes de 10 % à 12%, depuis le mois d'août nous sommes bien repartis. Si cela continue, nous finirons bien l'année. Notre clientèle n'est pas concernée par la crise. Simplement, elle a été attentive et a préféré différer ses achats. Le marché français a été l'un des moins touchés par la crise. Les Allemands et les Italiens ont beaucoup plus souffert.
Quel est justement le profil type du camping-cariste?
Il n'y a pas de portrait type. Aujourd'hui, on voit arriver des couples qui ont 35 ans prêts à acheter un véhicule à 60.000 EUR. Désormais, la moyenne d'âge est de l'ordre de 50 ans. Mais il est vrai que notre clientèle est constituée à 60% de retraités qui ont une certaine aisance financière.
Quel est le budget moyen de votre clientèle?
Le panier moyen se situe dans une fourchette comprise entre 40.000 EUR et 50.000 EUR. Pour les loisirs, les gens sont prêts à mettre des sous. Pour un premier achat, ils mettront environ 35.000 EUR. Mais on voit aussi des clients mettre 70.000 EUR, voire plus de 100.000EUR, pour des produits d'exception. Quant au marché de l'occasion, il fonctionne toujours. D'un côté, vous avez du très haut de gamme qui a de un à cinq ans et qui reste cher. Mais vous trouvez aussi des modèles anciens des années 1990, entre 10.000EUR et 15.000EUR.
La taxe carbone, la consommation de carburant, les camping-caristes y sont-ils sensibles?
Les pouvoirs publics ont décidé de ne pas appliquer la taxe carbone aux camping-cars car, selon eux, leur utilisation n'est pas suffisante pour être taxée. Cependant, les constructeurs ont développé des moteurs plus performants qui consomment peu. Parallèlement, ils ont travaillé sur l'aérodynamisme et le gain de poids en utilisant des matériaux en composite. Ils ont aussi fait des progrès en terme d'isolation. Les constructeurs ont franchi un cap: faire avaler un surcoût de 5.000 EUR aux clients. Les camping-caristes ont souvent un esprit vert. C'est devenu un argument de vente.
Comment voyez-vous l'avenir?
C'est un marché qui se renouvelle vite. Les camping-caristes changent de véhicule tous les trois ans, surtout les personnes âgées dont les besoins évoluent. Tous les anciens véhicules seront bientôt remplacés.
Justement, comment gérer ce parc de véhicules anciens?
Beaucoup vont dans les pays de l'Est, comme les voitures. Pour le reste, on arrive à les recycler facilement, c'est du bois et de l'aluminium. Quant à la mécanique, on la démonte. Pratique Le salon du camping-car se poursuit aujourd'hui, au parc des expositions de Lann-Sévelin, de 10 h à 19 h. Entrée : 5 EUR
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