2 novembre 2009
Avec sa compagne, il habite une yourte depuis le printemps 2008 dans la campagne riécoise. Géraud Fauc, désormais, fabrique et vend aux particuliers ces demeures insolites qui sont tout à fait dans l'air du temps.
Né il y a 29 ans dans la région parisienne de parents auvergnats, Géraud Fauc a eu un parcours très éclectique et donc éminemment formateur. Il passe d'abord un Bac pro de paysagiste puis il multiplie les petits boulots et c'est en fabriquant des crêpes... en Ecosse, qu'il rencontre Virginie Besnard, une Mayennaise qui a obtenu à Rennes un Master de langues et un Master 2 de développement durable. Il s'installe en Bretagne et obtient, dans un lycée du Rheu, un brevet professionnel d'agriculture biologique, avec l'intention de devenir éleveur de brebis et apiculteur. Mais dans un premier temps, nos deux jeunes ont envie d'aventure et pendant huit mois, en2006 et2007, ils parcourent à pied 3.400km en Afrique australe: Mozambique, Zimbabwe, Botswana, Namibie. Sur leur passage, ils rencontrent de nombreux paysans et ils leur offrent des graines d'artemisia, fournies par une association du Doubs: cette plante a la particularité d'être efficace contre le paludisme.
Une petite annonce
Quand on marche, on a le temps de réfléchir à son avenir et le couple s'est mis en tête d'habiter à son retour dans une yourte. C'est ainsi que Géraud Fauc prend contact, en 2007, avec un collectif vendéen qui, dans le cadre d'un atelier participatif, offre notamment aux volontaires la possibilité de fabriquer leur propre yourte. Quelques mois plus tard, sa demeure a pris forme. Reste à savoir où l'installer: c'est pourquoi il passe une petite annonce dans la revue Le Paysan Breton. Jean-Bernard Huon, un Riécois qui gère «à l'ancienne» la ferme de Penprat, à Riec, propose alors de lui prêter un lopin de terre, en échange de quelques coups de main dans son exploitation. Marché conclu: au printemps 2008, avec l'aide de quelques amis, Géraud Fauc monte sa yourte au bout d'un chemin creux, à 200m de la ferme. Il a dans l'idée d'acheter des terres à cultiver en pays quimperlois mais le montage de sa demeure change (en tout cas provisoirement) sa façon de voir.
Il existe un marché
Il sait qu'il existe un marché «commercial» pour les yourtes et il finit par franchir le pas: il crée une deuxième yourte à côté de la première, avec l'idée de la transformer en atelier pour en fabriquer d'autres destinées à la vente. Et ça marche! Il en a déjà écoulé une auprès d'un client de la région rostrenoise et une deuxième auprès d'un Savoyard. Actuellement, il en fabrique une troisième pour quelqu'un qui veut l'installer en Auvergne. Il prépare toutes les pièces à Penprat pendant deux ou trois mois, monte la yourte sur place pour voir s'il ne manque rien, la démonte puis la livre «en kit»; quitte à se rendre ensuite sur place pour aider au remontage. C'est rapide: il faut une journée pour mettre en place le plancher et une autre pour dresser la «tente». Coût d'une yourte d'un diamètre de 8m (celle qu'il habite)? Environ 7.500 EUR.
Le Brésil à vélo
Géraud Fauc a désormais le statut d'auto-entrepreneur. Quant à Virginie, elle est devenue salariée du Festival interceltique, chargée de sa politique en matière de développement durable. Alors, définitivement enracinés? Pas tout à fait: très prochainement, ils vont parcourir le Brésil à vélo, avec une caméra à portée de main, pendant plus de deux mois.
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