27 avril 2009
Il n'en a pas encore arrêté le titre définitif, hésitant entre «Le roman noir du Bugaled-Breizh», ou «L'adieu au Bugaled-Breizh». Le prochain ouvrage de Yann Queffélec est un docu-fiction consacré au naufrage du chalutier bigouden.
Ce livre devrait paraître d'ici fin mai, aux éditions du Rocher. Hier sous le chapiteau «Rencontres avec la mer», le romancier était interrogé par l'ancien capitaine de remorqueurs Jean Bulot, face à une cinquantaine de personnes.
«Je souffre avec les marins bretons»
Le Bugaled-Breizh est un sujet auquel Yann Queffélec dit s'intéresser depuis cinq ans, depuis le début de cette mystérieuse et douloureuse affaire. «Je souffre avec les marins bretons lorsqu'on leur fait du mal», affirme celui qui, d'emblée, rejette la thèse de la croche pour expliquer le drame du 15janvier 2004. Dans son discours, l'écrivain incrimine l'Armée, plus précisément la Marine, les Marines. Celles des pays européens qui participaient à cet exercice de l'Otan. Manoeuvres au cours de laquelle l'un des sous-marins participant aurait entraîné le Bugaled par le fond.
«Venir au secours d'une vérité»
Sans trop en dire, Yann Queffélec reconnaît seulement qu'il n'a pas d'éléments nouveaux sur l'affaire qu'il reprend dans son livre. C'est «une fiction pour venir au secours d'une vérité qui ne veut pas se dire», explique-t-il. «Mon désir d'écrire ce livre a redoublé après ma rencontre avec Thierry Le Métayer, le fils de Georges, mécanicien sur le Bugaled. Thierry a une fille, un jour elle demandera des comptes sur la mort de son grand-père», poursuit le romancier. Silence dans la salle. Face à l'auteur, un homme est debout, il demande la parole. C'est Michel Kermarrec, avocat de Michel Douce, propriétaire du Bugaled. «Merci de votre engagement», lance-t-il à Yann Queffélec. «Votre démarche, celle d'une personnalité, doit être un tremplin pour obtenir une réaction politique, car ce problème est à relayer à ce niveau, y compris à l'échelle européenne», insiste l'avocat qui ajoute «aucun des hommes politiques bretons n'a pensé intervenir pour poser ce problème». Tandis que l'écrivain et la salle acquiescent, Me Kermarrec poursuit: «L'état français qui nous oppose un secret défense sait ce qu'il s'est passé, tous les États européens le savent, il y a un partage du silence».
«La partie n'est pas perdue»
Le conseil de Michel Douce ne cache pas sa résignation devant un secret défense contre lequel la justice reste impuissante. Il espère une mobilisation populaire pour parvenir à la vérité. Selon lui, «ce droit à la vérité devient une valeur sociale». Après lui avoir proposé de le rencontrer, Yann Queffélec le remercie à son tour: «Vous me redonnez confiance dans cette démarche, la partie n'est pas perdue». «Nous avons besoin de cette mobilisation», conclut l'écrivain à l'adresse du public qui applaudit.
La 25e édition du festival Livre et Mer s'est achevée hier soir sur un bilan très satisfaisant pour l'organisation qui annonce 10.000 visiteurs, dont 8.000 entrées payantes. «Les auteurs comme les libraires, tous ont dit leur satisfaction d'être sous le chapiteau», se réjouit Cécile Peltier qui compare ce résultat à celui de 2005, une année jugée exceptionnelle. Pour la directrice de Livre et Mer, l'installation d'une partie du festival sur le quai d'Aiguillon a contribué à l'affluence.
Samedi, Maëlle Gourmelen, en sixième au collège des Sables Blancs et Guillaume Bouder, élève de troisième à Saint-Joseph ont reçu le prix Quai des Nouvelles (Le Télégramme dimanche). Nous publions des extraits de leurs textes. Pour ce concours, une centaine de collégiens ont composé un texte, vendredi, pendant une heure. Ils devaient imaginer la suite d'une lettre, à partir de cette phrase: «Il n'y a pas beaucoup de marins solitaires qui soient passés par-dessus bord et qui soient encore là pour le raconter. Moi si». Elle est extraite de «Seul sur la mer immense», de l'auteur anglais Michael Morpurgo.
«Dans cette affaire, certains ont intérêt à ce que la vérité ne soit ni admise, ni sanctionnée».

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