10 octobre 2009
En littérature comme en pâtisserie, tout est affaire d'appétit. D'où l'idée du festival «l'Odyssée des mots» de comparer le pouvoir suggestif des deux univers. Des passerelles, nappées de coulis, n'ont pas tardé à naître.
Les pâtissiers, fussent-ils apprentis, dévorent des livres. Personne n'en doutait. Mais qu'ils aillent piocher dans un polar - comme Clément, apprenti au CFA - quelques idées pour une prochaine invention gustative, voilà qui n'est pas commun. Marielle, bibliothécaire, avait sans doute pressenti ce potentiel, elle qui a proposé la création d'un gâteau pour célébrer le premier anniversaire de la médiathèque des Ursulines. La première édition de l'Odyssée des mots, qui cherchait à marier littérature et gastronomie, a aussi trouvé la suggestion savoureuse et l'a digérée.
Dix-huit pâtissiers et cinq classes
Ursulines... Le nom du futur gâteau tombait sous le sens, au vu du vocabulaire pâtissier, qui fait déjà la part belle aux religieuses, pets-de-nonne et autres Saint-Honoré. La chambre de métiers, l'association des pâtissiers du Finistère et la fédération départementale des boulangers ont goûté l'initiative. En deux coups de cuiller à pot, ce concours de pâtisserie était lancé. Les artisans du Sud-Finistère ont été contactés avant l'été. Dix-huit ont répondu au défi. La même démarche a été entreprise auprès des apprentis en formation. Cinq classes, issues du CFA Cuzon, du Paraclet et du lycée Chaptal, ont également mis la main à la pâte.
Le goût du collectif
Le jury, constitué de sept membres - élus, bibliothécaires et pâtissiers professionnels - a délibéré mercredi et dévoilera le lauréat de chaque catégorie aujourd'hui. Le pâtissier plébiscité se verra passer commande de nombreuses Ursulines, pour que les Quimpérois puissent y goûter, lors de la librairie éphémère des 17 et 18octobre prochains. Quant aux apprentis, ils y auront gagné un diplôme et un goût du challenge collectif. Parmi ceux-ci, les neuf jeunes en 2e année de la promotion Brevet technique des Métiers de pâtisserie, du CFA Cuzon, se sont révélés particulièrement motivés. Au bout de leurs 20 essais, réalisés sur trois petits jours, ils ont présenté dix créations. «Il n'y a pas de concours en groupe. C'était l'occasion. Nous avons rassemblé nos idées. Nous sommes tombés d'accord sur une forme de départ, le cône, en référence aux cornettes des religieuses», racontent Clément, Charlotte, Maël, Erwan, Nicolas, Maxime, Camille, Nathalie et Adrien.
«Pas ?taper? dans des trucs trop bizarres»
Hormis ce clin d'oeil à la cornette, ils disent avoir pioché leurs idées partout. «Dans les livres, à la télé, chez nos patrons, et entre nous. C'est de l'échangeperpétuel». Sans présager du résultat qui sera dévoilé aujourd'hui, ils sont satisfaits de l'expérience. «Ça reste un concours. C'est davantage pour voir ce qu'on vaut entre classes. Mais nous sommes contents de ce que nous avons fait. Nous aurions peut-être pu davantage exploiter l'idée de la Bretagne, par les parfums comme le caramel de beurre salé ou le chouchenn, mais nous sommes restés sur des parfums communs, chocolat blanc et vanilleen tête. On ne voulait pas ?taper? dans des trucs trop bizarres». Ils sont tout absous.
«Nous sommes tombés d'accord sur une forme, le cône, en référence aux cornettes des religieuses».
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