2 novembre 2009
Quinze ans après son installation, le système de production d'énergie des Glénan doit être repensé. Les besoins évoluent, les normes sont plus sévères. Fouesnant a engagé une réflexion pour que son site emblématique reste exemplaire.
«Aux Glénan nous avons deux principes: préserver le joyau et l'ouvrir au public, faire en sorte que chacun puisse y accéder et pas seulement les propriétaires de bateau. Que les commerçants puissent travailler dans le cadre d'un parc naturel et d'une zone Natura 2000. Nous ne voulons pas en faire un sanctuaire, mais plutôt un site pilote en terme d'énergie, d'environnement».
Roger Le Goff, maire de Fouesnant, a déjà une longue expérience de la problématique de ces îles très particulières.
La production d'énergie confiée à EDF-ERDF est basée sur une éolienne (10 kW), des panneaux photovoltaïques (11,5 kW) et un groupe électrogène (40 kVA) (*).
Cette énergie peut être stockée dans des batteries. L'installation est vieillissante. «Nous avons donc engagé une réflexion pour franchir une nouvelle étape, explique Roger Le Goff. Que l'on soit clair. Nous ne voulons pas développer la production d'énergie, mais assurer la sécurité d'approvisionnement».
Des besoins nouveaux ont pourtant été identifiés. La commune a l'obligation de distribuer de l'eau potable et de mettre en place un assainissement collectif. Le gîte a aussi pour obligation de fournir de l'eau chaude sanitaire potable à ses clients. Le Centre de plongée, les restaurants, les bâtiments communaux qui accueillent du public seront aussi appelés, tôt ou tard, à se mettre aux normes.
EDF-ERDF a réalisé un diagnostic des installations dont les résultats seront connus en fin d'année. Les premières modifications seront lancées dès 2010.
Un lagunage biologique
L'autre problème crucial des îles est relatif à l'eau et l'assainissement, sans parler de Fort Cigogne (voir ci-dessous). «Nous ne voulons pas de désalinisateur, précise Roger Le Goff. Il y a une lentille d'eau douce qui se remplit régulièrement au milieu de Saint-Nicolas, à quelques mètres de profondeur. Nous pensons creuser un puits. C'est une eau de qualité. Exploitée tout doucement, cette poche peut donner un mètre cube par heure. Actuellement, il y a eu un forage qui est mal positionné et calibré et donne une eau saumâtre utilisée dans les toilettes communales. Un dossier est également en cours, mais il faut tenir compte du fait que nous sommes sur une zone protégée près d'une réserve naturelle. Le classement Natura 2000 oblige à remonter jusqu'aux instances européennes avant toute intervention. Cette eau ne sera utilisée que pour les points qui servent au public, pas pour les habitations privées, prévient Roger Le Goff. L'idée est la même que pour l'énergie : nous ne voulons pas consommer plus d'eau, mais maîtriser son utilisation. Actuellement, pour l'eau potable, nous sommes dépendants de l'eau de pluie stockée dans les citernes et filtrée et de l'eau que nous apportons chaque été».
Ce problème de l'eau va de paire avec celui de l'assainissement qui est le vrai point noir. À Saint-Nicolas, une fosse septique est reliée à un plateau tellurien pas très performant. Le traitement est difficile car l'eau est saumâtre dans les sanitaires. «À l'avenir, nous ne voulons pas installer un système qui consomme de l'énergie, ajoute le maire. Nous avons donc retenu l'idée d'un assainissement sur roselière. Ce bassin sera installé près des panneaux photovoltaïques. Le dossier est aussi en instruction».
* Le Centre international de plongée utilise aussi deux vieux groupes électrogènes diesel pour alimenter le compresseur qui sert au gonflage des bouteilles.
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