27 octobre 2009
Un jeune homme de 28 ans, une mère de famille guère plus âgée. Deux affaires où la précarité et la tentation n'ont pas fait bon ménage. Mère de deux enfants, âgée de 30 ans, elle vient de se séparer de son compagnon. Nous sommes en 2007. Sans ressources, à la limite du surendettement, elle décroche un petit boulot: livrer des annuaires téléphoniques. La voilà assurant sa distribution dans les rues de Concarneau. Pour pouvoir déposer les bottins dans les boîtes aux lettres, elle dispose d'une clé passe-partout. Et, parfois, il arrive qu'elle découvre du courrier déjà livré, avec, dans le paquet, des chéquiers neufs. Elle succombe à cinq reprises. Dans un premier temps, elle fera usage de 33 formules issues de quatre chéquiers. Montant du préjudice: 1.422 EUR, addition de petites sommes, (seules trois falsifications dépassent les 100 EUR).
«Quarante victimes! Elle fait fort»
Avec le cinquième et dernier chéquier, elle parvient à écouler 33autres formules, pour un total de 885 EUR. Tout le reste a été brûlé, déchiré. À la barre, elle raconte en avoir eu l'idée en visionnant un reportage à la télé. «Le commentateur expliquait que sur les marchés, les commerçants n'étaient pas équipés pour détecter les chèques volés». Tous les chèques contrefaits ont en effet été écoulés auprès de marchands ambulants de Concarneau et des communes limitrophes. Le procureur Bergot ne s'apitoie pas: «Quarante victimes! C'est la première fois qu'elle met les pieds au tribunal mais elle fait fort. Et elle est à la limite de s'auto-excuser plutôt que de s'expliquer. Quand on est en difficultés financières, on explore d'abord les possibilités légales de s'en sortir. Elles existent, comme la commission de surendettement». Il requiert quatre mois avec sursis et 500 EUR d'amende. Jugement: quatre mois avec sursis.
«Il trahit la confiance de ses proches»
Cet autre prévenu n'est guère en meilleure posture financière quand il vole sept chèques à la femme qui l'héberge, au cours de l'été 2007, à Quimper. Ils sont vite falsifiés et serviront à acheter du tabac dans un bar de Kermoysan et deux paires de chaussures de sport à Intersport. Il reconnaît tout. À l'époque, il était sous tutelle de l'Udaf et avait 60 EUR par semaine. Il avait remarqué que le carnet de chèques de son hôte était dans le tiroir d'un bureau. Il prenait aussi sa carte d'identité pour pouvoir la présenter au vendeur... Une autre procédure le rattrape: à la même époque, il rendait visite à son oncle et à sa tante, tous deux retraités. Profitant de leur inattention, il a fait main basse sur 26 chèques, arrachés à un chéquier placé dans leur bibliothèque. Il les écoule à l'hypermarché Carrefour, selon un procédé ingénieux: il acquiert pour 1.240EUR d'objets divers, qu'il restitue ensuite au magasin sous un faux motif, parvenant à se faire rembourser en argent liquide. «Pas fier», il a expliqué, hier, avoir agi par pulsion. Son avocat, Me Lauret, met en avant sa honte et sa fragilité. «Il s'offre des extras sur leur dos», fustige le procureur, qui rappelle que l'Udaf lui assurait le gîte et le couvert. «Ses 60 EUR par semaine, c'était son argent de poche». Il requiert un mois avec sursis dans le premier dossier, et 4 mois avec sursis et mise à l'épreuve dans le second. Il est condamné à quatre mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans.
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