7 octobre 2009
La conjoncture n'est toujours pas bonne pour le bâtiment, même si les organisateurs du salon de l'habitat évoquent des signes de reprise. Le regain d'intérêt est pourtant prometteur.
À l'occasion de la présentation du salon de l'habitat qui aura lieu du 17 au 19octobre à Quimper, Jean-Paul Jégou a fait le point, hier, sur la situation du bâtiment en Finistère. «Le chiffre d'affaires des entreprises du bâtiment finistérienne était de deux milliards d'euros en 2008. Une baisse de 7% est prévue cette année et encore 3% en 2010. Nous ne voyons donc pas de stabilisation avant 2011», dit-il. Pour cette année, Jean-Paul Jégou sort un indicateur fiable: comparée à la même période l'an passé, la consommation de béton prêt à l'emploi a diminué de 17% durant les sept premiers mois de 2009. Sur le marché de l'habitat, le nombre de logements mis en chantier a chuté de 32% en Finistère (- 38% en Bretagne). «Nous avons vécu dans une bulle ces dernières années, rappelle Jean-Paul Jégou. Depuis 2004, la Bretagne a construit de 10.000 à 20.000 logements de plus que le besoin réel par an, à cause de la défiscalisation. Il faut aujourd'hui 20 mois pour écouler les stocks». Du coup, des permis obtenus en 2007 ou 2008 n'ont pas été activés. Sur le marché des bâtiments non résidentiels l'activité est également en forte diminution: - 40% dans le Finistère. Reste le marché de l'entretien et la rénovation qui ne s'en sort pas trop mal et affiche une quasi-stabilité (- 1%) depuis janvier. Tout ceci a naturellementconduit à une baisse des prix: - 20% sur un an. «Ça nous inquiète, dit Jean-Paul Jégou. Les prix actuels ne permettent plus aux entreprises de faire face à leurs charges. Cette situation est aggravée par le fait que le prix des matériaux après plusieurs mois de baisse repart à la hausse:+3% en septembre pour les non-ferreux (cuivre, zinc),+6% pour le bois».
2.000 emplois perdus depuis janvier
Les conséquences de cette dégradation sont prévisibles. En neuf mois, le secteur du bâtiment a perdu 2.000 emplois dans le Finistère (17.189 salariés fin 2008, 15.332 en septembre2009). Ces pertes d'emploi s'expliquent pour moitié par le non-renouvellement de contrats à durée déterminée et pour moitié par les dépôts de bilan essentiellement des petites entreprises artisanales. Le marché de l'intérim est aussi en net repli. Autre conséquence : les apprentis ont beaucoup de mal à trouver une entreprise. Ils seraient près de 150 sans tuteur dans le département. En attendant, un retour à la «normale» en 2011, le secteur du bâtiment devra affronter des échéances délicates. «Il faut à tout prix que la TVA à 5,5% pour les rénovations soit prorogée après 2010», souligne Odile Colin, conseillère juridique. Jean-Paul Jégou s'inquiète des nouvelles normes environnementales pour les bâtiments qui vont rentrer en vigueur en 2010. Les programmes de petits collectifs qui ont tardé à sortir risquent de ne pas passer cette nouvelle barre.
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