7 novembre 2009
Olivier Chebrou de Lespinats, le nouveau directeur de l'Hôtel-Dieu, tient à jouer l'ouverture et la transparence. Une nouveauté pour un établissement qu'il estime désormais sauvé, tout en reconnaissant que la fin a été proche.
Vous ne vous êtes jamais exprimé publiquement depuis votre arrivée. Pourquoi?
Je ne me suis pas exprimé avant parce que j'avais besoin de m'imprégner de l'établissement. J'ai fait le tour des finances, le tour des services, rencontré le personnel. Aujourd'hui, je peux dire que je connais bien l'Hôtel-Dieu. J'ai rencontré des gens ouverts, souriants, avec un grand sérieux et une grande abnégation.
Quelle situation avez-vous trouvée?
Je m'attendais à une situation catastrophique. Elle est difficile. L'Hôtel-Dieu est passé très près de troubles structuraux et sociaux. Mais, et c'est paradoxal, l'activité est en hausse, elle progresse de 17% en 2009. C'est ça qui l'a sauvé.
Un dépôt de bilan a été évoqué?
Avec une telle dégradation des finances et une structure quiavait puisé dans ses réservessans faire appel à l'extérieur, oui, il y avait un risque de disparaître.
Comment en est-on arrivé là?
La situation s'est dégradée régulièrement depuis six ans. La direction de l'Hôtel-Dieu n'avait plus de contact avec les élus, avec l'Agence régionale de l'hospitalisation. Il y avait une opacité totale, un vrai isolement qui a eu de graves conséquences.
Pouvez-vous chiffrer cette situation financière?
On a parlé de 3MEUR de déficit. En fait, c'est l'argent qu'aurait dû verser l'ARH en2008 et2009, notamment pour les investissements, au même titre qu'1,4MEUR avait été versé en 2007. Le problème c'est que l'Hôtel-Dieu étaitarrivé à un point d'isolement tel que cet argent n'a pas été versé. Cela affecte le bilan, mais pas le compte de résultat. Sur 34MEUR de chiffre d'affaires, il est aujourd'hui positif.
Quelles ont été vos premières mesures?
Il a fallu réaménager les finances. Par exemple, la direction précédente avait accordé des primes de fin d'année aux salariés. Le personnel de moindre échelon les conservera, mais les cadres et les praticiens ont accepté qu'elles soient étalées sur quatre mois en 2010.
Garantissez-vous l'emploi et les services?
Oui. Il y aura des départs à la retraite dans les mois à venir. Ils seront remplacés, l'emploi sera maintenu, même si les ratios explosent la moyenne. Quant aux services, je ferai tout pour les maintenir.
Comment changer l'image d'une structure essoufflée?
Le plus important, c'est de positiver. Je compte vraiment renforcer les relations avec Pont-l'Abbé, parce que j'ai conscience que les Bigoudens y sont très attachés. L'Hôtel-Dieu, c'est 650 emplois directs, 2.000 personnes concernées. On était dans la cité, mais hors de la cité. Il faut redonner à l'Hôtel-Dieu sa place au coeur de Pont-l'Abbé. Il faut que l'hôpital s'ouvre vers l'extérieur. Il y a aujourd'hui un nouveau souffle à l'Hôtel-Dieu.
Êtes-vous en mission?
Non. Ce n'était pas forcémentprévu que je reste, au début, je devais juste mettre de l'ordre dans les comptes. Lessoeurs m'ont demandé de rester car la situation n'était plus tenable et j'ai accepté, car je me suis vraiment attaché à cet hôpital.
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