16 octobre 2009 - 1 réactions
Des salariées d'Asteel montent en ligne car «rien ne bouge». Elles interpellent également les élus et reviennent sur les promesses «faites et pas encore tenues».
Hier, Sophie, Éliane, Maryse et Danièle (*), salariées d'Asteel depuis plusieurs dizaines d'années, ont souhaité faire le point sur leur situation actuelle. Comme les 128 autres employés d'Asteel à Lannugat, elles ont reçu leur lettre de licenciement économique, le 24septembre dernier: «Vingt jours après la liquidation», précise Sophie. Elles ont adhéré «comme tous les autres salariés», à la Convention de reclassement personnalisé et sont «inscrites au Pôle Emploi depuis mardi dernier».
«Une réunion de dix minutes»
«Dans l'après-midi du 4septembre, jour de la liquidation, le directeur de l'usine a fait une réunion de dix minutes pour nous l'annoncer», explique encore Sophie. Et de poursuivre, non sans amertume: «Il a précisé que pour tous renseignements supplémentaires, les salariés devaient s'adresser au comité d'entreprise. La direction nous laissait tomber. Ne méritions-nous pas plus de reconnaissance?». Elle note au passage que «les propositions de reclassement éventuel sur d'autres sites n'apparaissent pas dans nos lettres de licenciement...».
«Ni contacts ni nouvelles»
Revenant sur l'histoire de cette liquidation et «malgré le dévouement de nos délégués du CE qui se démènent», Sophie, Éliane, Maryse et Danièle disent d'une seule voix: «Nos questions restent toujours sans réponses». Depuis la liquidation, «et en attendant la prime de licenciement que nous n'avons pas encore perçue, nous n'avons ni contacts ni nouvelleset ça traîne un peu». Se trouvant «livrée à elles-mêmes», elles ont surtout le sentiment «d'être abandonnées». «Il y a quinze jours, la députée Annick Le Loc'h et le conseiller régional Jean-Claude Lessard sont venus nous voir pour nous proposer de l'aide. Mais ce sont les seuls».
«Et les emplois aidés?»
Refusant le silence assourdissant qui plane au-dessus d'Asteel, elles ont décidé d'interpeller les élus: «Le sénateur-maire Philippe Paul nous avait promis des emplois aidés pour les personnes les plus en détresse. Mais on ne voit toujours rien venir», souligne Éliane. Plus tranchée, Danièle laisse tomber: «Qu'il s'intéresse donc un peu plus à ses concitoyens». Refusant encore de «laisser les élus botter en touche», elles demandent au sénateur-maire et au président de la communauté de communes William Boulic, «d'intervenir pour faire évoluer le dossier en faveur des licenciés d'Asteel qui se retrouvent aujourd'hui dans une situation insoutenable». Combatives, elles ont créé une association (lire ci-contre) et sont bien décidées à faire sortir les élus du bois.

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