24 septembre 2009
L'Alecob fête aujourd'hui ses dix ans. Dix ans de diagnostic et conseil pour la défense d'une énergie maîtrisée. Le directeur de l'Agence, Benoît Aignel, explique les enjeux de ce combat.
Pouvez-vous rappeler ce qu'est l'Alecob?
L'Agence locale de l'énergie a été créée par le Pays Cob. Notre mission, c'est d'informer gratuitement le grand public sur les économies d'énergie, les choix d'appareils de chauffage, les aides financières possibles, etc. Nous accompagnons également les collectivités sur ces questions pour leur patrimoine existant comme pour leurs projets. Mais on ne fait pas de militantisme, juste de l'aide à la décision.
Peut-on citer des réalisations concrètes?
Un exemple de notre travail avec les collectivités: avec le Pays, nous avons mis en place des critères d'éco-compatibilité pour le choix des dossiers retenus dans le cadre du Contrat de Pays. En clair, les subventions vont d'abord aux projets qui ont une démarche active de leur maîtrise d'énergie. On a également participé à mettre en place une véritable filière bois sur le territoire, réalisé un diagnostic pour un programme aidé d'amélioration de l'habitat sur la communauté de communes du Kreiz-Breizh, travaillé sur le Pôle d'excellence rurale... En fait, beaucoup de choses ont été initiées ici, et reprises sur le plan régional. On est un peu un laboratoire d'expérimentations...
Quels sont les atouts de ce Pays en matières d'énergie?
D'abord, le fait qu'il y ait énormément de ressources en énergies durables: le bois énergie, la valorisation de la matière organique (bio gaz, méthanisation), l'éolien... Le potentiel est vraiment important. Ensuite, c'est le dynamisme des acteurs. Il y a beaucoup de bâtiments exemplaires sur le territoire, et on a jamais eu de problème pour trouver des artisans capables de les réaliser. Enfin, tout le monde est prêt à travailler ensemble.
Et les faiblesses?
C'est un territoire rural et diffus, donc c'est plus dur de travailler sur le transport. On travaille sur la sensibilisation du public, en amont des projets de lotissements, sur leur emplacement, les liaisons avec le bourg, les commerces, etc. Mais c'est une question délicate. L'autre difficulté, c'est celle du bâtiment existant, qui est vétuste et peu compact. Mais là, on sait comment faire. Le problème est davantage celui du manque de moyens, qui est une autre faiblesse de notre territoire par rapport à d'autres.
L'objectif de réduction de 40% de la consommation d'énergie dans le bâti existant, imposé par le Grenelle de l'environnement, est-il tenable dans un tel contexte?
Ça va être l'enjeu majeur, pour nous, dans les années à venir. Là aussi, le problème des moyens va se poser. Un exemple: aujourd'hui, dans une commune, c'est souvent l'école qui consomme le plus. Or, aujourd'hui, il n'y a pas vraiment d'aides financières pour rénover ces écoles. Mais si on a les moyens, on peut facilement atteindre les 50% d'économie. Avec des petites choses, comme un programmateur de chauffage, et d'autres plus coûteuses, comme changer la chaudière, refaire l'isolation...
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