6 novembre 2009
Le collectif «L'angle Mort», débarque demain au Club Coatélan. Un projet musclé porté par Serge Teyssot-Gay (guitariste de Noir Désir) et la rappeuse Casey.
Comment s'est déroulée la rencontre avec Serge Teyssot-Gay?
Nous nous sommes rapprochés par le biais d'amis communs. Nous avons ensuite fait un essai en studio. Le résultat nous a donné satisfaction. Depuis nous défendons ce projet sur scène et à travers notre album (sorti en févrierdernier).
Pourquoi, selon vous, cette formule rock/rap a-t-elle fonctionné?
Avant de jouer ensemble, nous nous connaissions et apprécions à travers notre musique. Nous avons le même langage. Nous partageons les mêmes goûts. Ce projet émane d'une démarche novatrice. Et l'art a besoin de ce genre de mélange pour se régénérer. Aujourd'hui, de trop nombreuses productions sont aseptisées. J'aime les créations brutes qui ne sentent pas la javel.
N'y a-t-il pas plus difficile de se faire entendre dans le milieu du hip-hoplorsque l'on est une femme?
Je n'y ai jamais prêté attention. Franchement, je m'en cogne. Je n'ai jamais demandé la permission pour rapper. J'ai toujours été en marge vis-à-vis de l'industrie du disque. Je me fous des tendances. Je n'ai jamais respecté le cahier des charges dicté par l'industrie. J'aime ma liberté de ton. Et tant pis si les thèmes comme la colonisation ou la misère ne correspondent pas aux codes.
Comment avez-vous effectué vos premiers pas dans le rap?
Je suis originaire de Rouen. Très jeune, j'écoutais du rap américain. Les groupes comme Public Enemy ou encore EPMD, célèbres dans les années 80. Leurs textes m'ont touché. Ces artistes étaient comme moi: des métèques urbains. Ils ont décomplexé mon approche de l'écriture. À l'école, j'étais écrasée par les grands auteurs, la culture littéraire des élites.
Votre écriture s'apparente à du militantisme. Êtes-vous une artiste engagée?
Même si elle ne me dérange pas, je refuse que l'on me colle cette étiquette. Je réagis sur beaucoup de choses dans l'actualité, des événements graves ou plus futiles. Le rap est un vecteur pour donner son avis. La politique n'est pas la chasse gardée de quelques personnes cravatées. J'ai besoin de m'exprimer à travers la musique. Et tant mieuxsijepeuxy mettre du sens.
Préférez-vous jouer sur des petites scènes ou dans de grandes structures?
Je préfère les petites salles comme les clubs, où le public se déplace spécialement pour l'artiste. Ce qui n'est pas le cas dans les festivals. Mais ce qui compte le plus, c'est l'alchimie que l'on va réussir à créer. Un spectacle vivant est différent à chaque représentation. C'estcelaquilerend passionnant. Pratique Demain soir, en concert auClub Coatélan (Plougonven) à partir de 22h. Première partie: DrVince feat Gérard Baste (Svinkels). Tarifs: 10/12/15 EUR.
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