11 mars 2009
Envie de compléter une collection ? Envie de trouver à vil prix un ou plusieurs bons romans ? Pas de problème. Depuis hier et jusqu'à samedi, la bibliothèque municipale organise sa vente annuelle et propose 20.000oeuvres àl'achat.
C'est un geste maintes fois remarqué, un geste de la main qui compulse vivement au hasard la rangée de robes en solde ou les disques en promotion dans le bac dédié. Depuis hier matin, des dizaines de mains brestoises et des alentours répètent cette mimique dans le hall de la bibliothèque d'études de la rue Traverse. Et pour cause: depuis hier matin, les bibliothèques brestoises procèdent à leur régime printanier en mettant à la vente 20.000 ouvrages qui n'auront pas le bonheur de poursuivre leur vie dans l'un des fonds de conservation de l'institution, mais qui ne connaîtront pas non plus l'infamie d'une mort au pilon.
Désherbage de printemps
«Nous appelons cette opération le "désherbage"», explique Eflamm Le Bihan, responsable de la vente. «Il existe un plan de conservation des bibliothèques et, chaque année, nous le suivons». La procédure est rigoureuse. Pour un livre, il existe tout d'abord la voie royale. Il est évacué des rayonnages communs et trouve une place dans le fonds conservatoire, puis ne sera plus consultable que sur place, à la bibliothèque d'étude. S'il ne réussit pas cet examen de passage, illui reste la chance de se retrouver dans les stocks mis en vente cette semaine et de poursuivre son existence dans des bibliothèques particulières et plus modestes, mais bibliothèques quand même. «Lesromans les plus récents datent de cinq à dix ans, mais certains ont 40ans d'âge, poursuit Eflamm LeBihan, ils proviennent en général des dix bibliothèques brestoises ou de dons particuliers». Restent enfin les recalés, les abîmés, les agonisants. Sentence: «Lepilon. Pour 20.000livres mis en vente cette semaine, presque autant partent là-bas». Sans compter ceux qui se désespéreront de trouver acquéreur pendant la semaine et que les associations, conviées à se partager gratuitement les derniers reliefs lundi, dédaigneront encore. «Jenesais pas combien il en restera, c'est ma première année, rougit le responsable de la vente, peut-être quelques centaines».
Chère Bretagne
Un rayon échappera certainement à cette implacable mécanique, car les livres à connotation bretonne s'évaporent à la vitesse d'une pluie d'été tropicale. «Cette année, nous n'en avons pas beaucoup, alors nous allons les répartir parcimonieusement». En attendant, les mains continuent dans le hall. À la caisse, des piles impressionnantes vendues une bouchée de pain se succèdent.
«Les romans les plus récents datent de cinq, dix ans, mais il y en a qui ont 40ans d'âge»

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