7 novembre 2009
Ils étaient environ 150 salariés ouretraités d'entreprises navales à se réunir, hier, devant le monument américain. Dans lecollimateur: lamise à mal del'allocation amiante.
À 11h, le cortège se forme devant le monument américain. Parmi eux, des salariés et retraités d'entreprises navales venus se faire entendre. Direction la sous-préfecture où une motion est déposée. En ligne de mire, la mise à mal de l'allocation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante. Cette dernière, créée en 2000, permet aux salariés de plus de 50ans, contraints de cesser leurs activités, de toucher 65% de leur salaire de référence jusqu'à la date de la retraite.
«On veut l'amélioration de nos conditions de départ»
«80% des gens ayant été exposés à l'amiante sont malades. Mais certaines personnes restent travailler, car les aides sont trop maigres», expose Serge Boubennec, secrétaire général du syndicat de la métallurgie CGT de Brest. Actuellement, le calcul du montant de cette allocation prend en compte la totalité des heures du contrat de travail. De la même manière que pour la retraite, les congés payés et les RTT sont donc pris en compte. Mais le nouveau décret en projet risque de changer la donne. Celui-ci bloquerait systématiquement la prise en compte des RTT, congés payés et autres primes, diminuant ainsi la «préretraite amiante». «On voudrait une amélioration de nos conditions de départ. Nous souhaitons que les salariés puissent toucher 100% de leur salaire. Finalement, le gouvernement veut réduire les aides...», explique Serge Boubennec.
2.000 à 3.000 décès par an
Des changements malvenus, mais déjà appliqués semble-t-il: «La loi exige que le salaire de référence doive compter les RTT, congés payés... La Caisse d'allocation régionale d'assurance-maladie (Cram), elle, ne le fait pas. Elle n'est pas plus grande que la loi, elle ne respecte pas nos droits», révèle Gérard Frechou, administrateur de l'Addeva 29 Côtes-d'Armor, association de défense des victimes de l'amiante. En France, l'amiante est responsable de 2.000 à 3.000 décès par an, et abaisse l'espérance de vie. «Nous sommes atteints de maladies. C'est dégradant, on nous réduit à néant. Ce décret forcera les gens à rester travailler», pointe Gérard Frechou. Un manque de reconnaissance, donc. Les travailleurs réclament d'ailleurs que cette allocation soit officiellement avérée comme une «indemnité maladie professionnelle».
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