4 mai 2009
Douze ans déjà! Le 10 mai 1997, Guingamp part à la conquête de la Coupe de France, version Parc des Princes. Mais les Niçois aussi étaient venus pour gagner. Et ce n'était pas des salades...
C'était 965 jours avant l'an 2000. Je l'avais lu en chiffres lumineux sur la Tour Eiffel, étape inattendue sur la route du retour, entre le Parc des Princes et Guingamp.
La Motte-Picquet au vif
C'était le 10 mai1997, enfin le11. Nous étions 200 ou 300, livrés à nous-mêmes dans la capitale, après l'arrêt des métros à la station La Motte-Picquet-Grenelle. «Supporters d'En Avant de Guingamp», la RATP s'en moquait. Et si nous avions été du Kop Boulogne? Pas la peine de palabrer. L'heure c'est l'heure, le métro est déboulonné, avançons sur nos pieds. Au bout de la longue marche, ilfaudra s'entasser dans les derniers trains, debout ou très mal assis, et ruminer pendant quatre heures la défaite. L'aventure de la finale de la Coupe de France s'achèvera à 6h du matin, en gare de Guingamp. Même pas un «deux minutes d'arrêt» pour sourire, ce matin c'est terminus.
La poubelle pour aller gagner
6h du mat', c'est aussi l'heure où l'histoire avait commencé pour moi, sur la place du Centre, trois semaines plus tôt. Le camion de la répurgation est alors obligé de slalomer au milieu de la file d'attente. Quelques-uns ont dormi là, devant la boutique d'En Avant et le bar L'Époque, les deux guichets où seront vendues les places. Tout ça pour une seule place au stade, un billet de train et deux tickets de métro! Un sympathique bénévole d'En Avant (même douze ans après, je ne le dénoncerai pas!) m'octroie des places supplémentaires pour famille et amis. Il ne me reste plus qu'à courir à la gare, le lendemain matin à la première heure, pour y ajouter des billets de train.
En Avant est bon prince
Nous y serons à cette finale, la dernière au Parc des Princes, avant l'avènement du Stade de France. Les trains sonnent la sirène à l'arrivée à Montparnasse, une armada rouge et noire fond sur la porte d'Auteuil dans une ambiance délirante. En Avant va gagner, c'est sûr! Comment les glorieux Guingampais, qui ont taquiné la Coupe d'Europe et l'Inter Milan quelques mois plus tôt, perdraient-ils contre Nice, dernier de la Division 1?
Aiglons, aiglons, aiglons
Mais ô Niçois qui mal y pense etdont une tête marque la première. En Avant piétine. L'ambiance se crispe dans un Parc aux trois-quarts aux couleurs bretonnes. Le chevalier Laspalles perce la défense des Aiglons et enflamme enfin le stade, à un quart d'heure de la fin. L'estocade est proche, il s'en faut d'un crampon de Bruno Valencony, le portier niçois, devant l'emblématique capitaine Coco Michel. Une heure plus tard, le même Coco est à genoux, son tir au but raté. La coupe préfère la Côte d'Azur. Le dernier métro est passé. Retour à Guingamp. Le petit jaune gratis du PMU a un arrière-goût de défaite. Les joueurs ne viendront même pas saluer le public. Le rouge est encore mis au parc de Kergoz, où Robert Hue, premier secrétaire du PC, soutient Félix Leyzour, candidat aux élections législatives. Trois semaines plus tard, il sortait en vainqueur.
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