15 octobre 2009
Lors du décès de leur mari et père, Maryvonne et ses enfants ont accepté le don d'organes. Michel, lui, vit depuis 1995 grâce au coeur d'un anonyme. Ils onttémoigné hier, àl'hôpital, à la demande de l'ADOT.
Au moment de prendre la parole dans le hall d'entrée du centre hospitalier Yves-Le Foll, hier après-midi, devant la sculpture symbolisant le don d'organes, Maryvonne Carfantan a été submergée par l'émotion. Pourtant, quelques minutes plus tard, elle acceptait de revenir courageusement sur ce terrible jour de 2006 où les médecins lui ont annoncé à elle, et à ses deux enfants, le décès de Jean-Yves, son époux, suite à un accident vasculaire cérébral. «Ils nous ont parlé du don d'organes, nous ont demandé de réfléchir...»
La générosité sans jugement
Commence alors «un moment très intense, où on passe de la vie à la mort, et de la mort à la vie», poursuit Maryvonne. «Pendant vingt minutes, nous n'avons pas parlé. Chacun était plongé dans sa réflexion.» De longues minutes où elle se remémore ses 30années de vie avec celui qui vientde les quitter brutalement. «Depuis de longues années, Jean-Yves était donneur de sang, de plasma. C'était quelqu'un de très généreux.» À son épouse comme à ses enfants, une seule réponse s'impose. Et les reins, foie, poumons et coeur du disparu vont être prélevés pour être greffés sur quatre personnes. «Mais si l'un de mes enfants avait dit ?non?, j'aurais respecté son choix. Quelqu'un qui refuse ledon ne doit pas être culpabilisé!» Pour Maryvonne, le plus importantdans le don d'organes, c'est lagratuité, «si rare par les temps qui courent», et l'anonymat. MichelLeHégarat, 49 ans, de Quintin, ne saura jamais à qui il doit ce coeur qui le fait vivre depuis le29mai1995. «J'ai eu du mal àl'admettre. Puis j'ai compris. (...) Sinon, on se sent redevable àvie!»
Témoigner en hommage
Michel, victime d'un «très grave infarctus à l'âge de 25 ans», avuson état de santé s'aggraver brutalement en 1994. Il le sait, sans la greffe, il n'aurait jamais vu grandir Claire et Ronan, ses deux enfants âgés de 7 et 4 ans à l'époque. Aujourd'hui, «pour rendre hommage à la personne qui lui adonné son coeur», il rencontre d'autres enfants et des jeunes dans les écoles où il mène des actions de sensibilisation. Il se rend aussi dans les supermarchés, ou accompagne le DrClaudeBilles, anesthésiste réanimateur, à l'école des aides-soignantes, toujours pour témoigner. «Oui, j'aime mon nouveau coeur. Sans lui, je ne serais plus là», conclut-il, avant d'aller un peu plus loin, serrer la main à Maryvonne Carfantan.
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