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Saint-Brieuc ville

Coquilles. Nicolas Éouzan, patron à 23 ans

3 novembre 2009

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Hier, à bord de «L'Atlantis», l'un des 36 bateaux partis de Saint-Quay-Portrieux sur les 81 autorisés à pêcher, NicolasÉouzan, 23ans, a entamé en patron sa première campagne de pêche à la coquille.

Lundi matin, Nicolas Éouzan et son matelot de 18 ans s'affairent à bord de «L'Atlantis» dans le port de Saint-Quay-Portrieux. «On part à 11h, la pêche commence à 12h30 pour 45 minutes. Ça va être stressant car on n'a pas le droit à l'erreur. Il suffit d'une chaîne mal mise qui se prenne dans les dents de la drague pour qu'on perde un trait.» Nicolas Éouzan et son matelot ne pourront faire que trois traits dans le temps imparti (un trait correspondant à la période où la drague récupère au fond de l'eau les précieuses coquilles Saint-Jacques).
Hier, «L'Atlantis» a réussi à ramener entre 800kg et une tonne de coquilles.


Apprentissage express

Sur le quai, on pourrait prendre le jeune homme au visage adolescent pour un matelot en apprentissage. Or, à 23 ans, il est déjà propriétaire de son bateau. Et il apprend vite. «Pendant un an et demi, j'étais patron sur un des bateaux de mon père. Auparavant, j'ai été matelot pendant deux ans. Entre les deux, j'ai fait six mois au lycée maritime de Paimpol pour devenir patron.» Depuis un mois et demi, il navigue avec son propre bateau d'un peu plus de dix mètres de long, «L'Atlantis», âgé de neuf ans et fabriqué à Saint-Quay-Portrieux. «Un bateau qui tient bien la mer».

Précieuse aide paternelle

[--------] [/--------]Comment Nicolas Éouzan a-t-il pu brûler aussi rapidement les étapes? «Bon, avoir un papa dans la pêche depuis 30 ans, ça aide. C'est pour ça que ça a été plus vite.» La présence de son père, propriétaire de deux bateaux, a aussi joué pour convaincre les banquiers qu'on imagine mal prêter 290.000EUR pour l'achat d'un bateau à un jeune de 23 ans. En contrepartie, le jeune marin doit rembourser à la banque la bagatelle de 2.700EUR par mois, sur dix ans. «Là, ça devient moins drôle. En plus, il y a l'assurance du bateau et les charges.»

2.000EUR par mois

Il compte sur cette saison de pêche à la coquille pour remplir ses caisses; en été, à la saison du poisson, l'activité est moins fructueuse. Le Binicais espère tirer une moyenne de 2.000EUR mensuels. Pas mal pour un début. «Oui, mais pour des semaines de 80heures, se défend-il. Ramener au nombre d'heures, ça n'est pas exceptionnel.» Mais le travail est plus facile quand il est fait avec passion. «Ce qui me plaît dans ce métier, c'est l'esprit de liberté qu'on a lorsqu'on est seul en mer, dans la nuit sans personne autour. Maintenant que j'ai goûté à ça, j'aurais du mal à travailler à terre.»

  • Nicolas Auffray
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«Maintenant que j'ai goûté à ça, j'aurais du mal à travailler à terre.»

  • Nicolas Éouzanpatron pêcheur.

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