10 octobre 2009
Rue du Vau-Louis, hier, près de 500collégiens sont passés sur le chantier d'une résidence de 113logements. Une visite guidée dans un monde du bâtiment en crise, mais qui compte néanmoins embaucher des jeunes.
«Chantier ouvert au public». Le panneau sur le portail de la zone de construction de la résidence «Le Gwenvidik», rue du Vau-Louis, à Saint-Brieuc, est explicite. Mais, exceptionnellement, hier, le chantier était ouvert à tous. Des élèves de quatrième et de troisième sont venus y découvrir les bâtiments et les métiers de la construction. «Il faut beaucoup de patience et je pensais que le travail était moins physique que ça», remarque l'un d'eux, en troisième DP (découverte professionnelle) au lycée Sacré-Coeur de Cesson. «Et en fait, ils gagnent bien leur vie», complète l'un de ses camarades de classe, casque de sécurité sur la tête. L'opération nationale, «Les coulisses du bâtiment», est organisée par la Fédération française du bâtiment (FFB), qui veut promouvoir le secteur.
Les filles s'intéressent au secteur
Hier, plus de 500 collégiens sont donc venus observer grue, nacelle, les installations de ventilation ou les bétonnières. «Ils nous demandent à quoi sert ce qu'on leur montre, comment cela fonctionne», témoigne un des lycéens en bac pro du centre d'apprentissage de Plérin qui ont effectué la visite du chantier pour les collégiens. Là encore, une manière pour la FFB d'être accessible aux plus jeunes. Kevin Delahaye s'étonne: «Beaucoup de filles posent des questions, elles semblent plus intéressées que les garçons.Pourtant, le bâtiment est un monde à part, un milieu qui est plus pour les gars. Je ne comprends pas pourquoi ça les intéresse». Ses camarades autour de lui n'ont également pas de réponse.
La crise est bien lÃ
Hier matin, Ludovic Lorre, vice-président de la FFB des Côtes-d'Armor, a tiré la sonnette d'alarme sur l'avenir proche du bâtiment. «La crise se traduit par de nombreuses défaillances d'entreprises. Certains chantiers, prévus par des collectivités, tardent à partir. Je veux dire aux élus: ?Lancez vos travaux! ?». Après avoir ajouté que des entreprises «pratiquent des prix suicidaires, au-delà de tout entendement» pour obtenir certains marchés, il estime qu'il existe «le risque de plans de licenciements dans les entreprises.» Mais Ludovic Lorre insiste aussi sur la nécessité «d'avoir des gens qualifiésface aux marchés en progrès, comme celui de la construction durable». Le bâtiment devra recruter, selon lui, car «de nombreuses entreprises vont être à reprendre à cause des départs à la retraite.» «Une collégienne voulait faire de la mécanique et, après la visite, elle m'a dit que ça l'intéressait davantage de devenir conductrice de travaux», raconte Armel Le Berre, l'un des apprentis qui ont joué les guides hier. Et si l'avenir du bâtiment passait par les femmes?
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