26 octobre 2009
Sa devancière était trop lourde et mettait en péril le clocher de Loguivy. Une nouvelle cloche a été baptisée, hier matin, en l'église loguivienne. Elle portera le nom d'Hubert Prigent, curé de la commune entre 1967 et1983.
Albertine Maria et Yves-Marie Joséphine ont une nouvelle acolyte. Elle les a rejointes tout en haut du clocher de l'églisedeLoguivy, il y a unpeuplusd'unmois maintenant. Le nom de lapetite dernière: Hubert Prigent. Bien entendu, il n'est pasquestion ici de personneshumaines que l'on aurait suspendues au clocher de Loguivy-lès-Lannion. Non, bien sûr. Albertine Maria, Yves-Marie Joséphine et, donc, Hubert Prigent sont tout simplement les noms donnés aux troiscloches de cette église. La dernière arrivée remplaceenfait une cloche qui mettaitenpéril le vénérable clocherloguivien, à cause de son surpoids. Elle a rejoint ses deux nouvelles partenaires d'angélus, suite aux sept mois de travaux(*) qui ont permis de renforcer les fondations d'un clocher mises à mal dans les années 1960, lors de l'électrification des cloches (LeTélégramme du17septembre). Depuis, les trois cloches de Loguivy sonnent à nouveau de concert, chaque jour.
«La force symbolique des cloches»
Mais hier, en fin de matinée, c'est bien la petite dernière qui retenait l'attention de tous. Normal, puisqu'il s'agissait de son baptême et la bénédiction a été assurée par le curé de la paroisse de Lannion, l'abbé LaurentLeBoulc'h lui-même, en présence de quelques élus lannionnais et de paroissiens qui n'auraientratéça pour rien au monde. «Bénir de nouvelles cloches dans une église, c'est aussi redécouvrir la force symbolique des cloches. Elles restent le marqueur du temps qui passe», a souligné l'abbé Le Boulc'h, lors de sa bénédiction. Au cours de cette dernière, tout le monde est d'ailleurs sorti del'église pour rendre hommage, au pied du clocher, à la nouvelle venue, avant de rentrer pour suivre la célébration d'une messe.
Un hommage éternel
Qui dit baptême, dit aussi, bien sûr, un parrain et une marraine. Rôles dévolus à deux fidèles paroissiens de Loguivy-lès-Lannion: Paul Goulard et Jeanine Tanguy. Un homme et une femme qui ont, tous les deux, très bien connu le regretté Hubert Prigent, dont la nouvelle cloche porte le nom en hommage à sa mémoire. Curé de Loguivy-lès-Lannion de 1967 à 1983, Hubert Prigent (1904-1997) «était en avance sur son temps, a notamment rappelé Jeanine Tanguy, lors de sa prise de parole. Il futl'un des premiers dans le diocèse à s'entourer de laïcs ou encore à accepter des filles comme enfant dechoeur.» À la sortie de la messe, le parrain et la marraine avaient du mal a dissimulé une certaine émotion. Le père Prigent «était un homme d'une grande simplicité, nous a confié Jeanine Tanguy. Cette cloche qui porte son nom, c'est un bel hommage. Et puis, c'est pour l'éternité... C'est beau.»
* La nouvelle cloche et les travaux de rénovation ont nécessité un investissement de 110.000 EUR, financé par la ville de Lannion (5%), les conseils général et régional et la Direction régionale des affaires culturelles (Drac).
«Les cloches restent le marqueur du temps qui passe.»
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