29 juillet 2009
Recenser tous les ruisseaux côtiers du territoire, leurs ouvrages, chutes, altérations... C'est l'étonnante mission d'Alexandra Tual, stagiaire à l'Agglomération. Ses outils les plus essentiels: de bons yeux, un ciré, et des bottes!
Depuis plusieurs semaines, Alexandra arpente, d'aval en amont, le moindre filet d'eau qui débouche sur la plage. De Beg-Léguer à Trestrignel en écumant Lannion, Trébeurden, Pleumeur-Bodou, Trégastel et Perros-Guirec, l'étudiante en master «Gestion des habitats et des bassins-versants», de Rennes, a déjàquelques kilomètres dans les bottes! Ce matin-là sous le pont du Samson, à 2km environ de Penvern, c'est sous le soleil que la pétillante jeune femme de 25ans amorce sa périlleuse progression. Le terrain est glissant, la végétation abondante. Armée d'un bâton de pèlerin et d'un cabas renfermant carte IGN, tableaux de données et crayons affûtés, la jolie blonde avance d'un pas décidé à travers les broussailles. «Je prospecte à partir des exutoires de plages pour remonter tous ces petits «ru» de 30 à 40cm de large et 15 à 20cm de large, qui intéressent peu les pêcheurs et n'ont de ce fait jamais fait l'objet d'une cartographie sérieuse», indique Alexandra.
Branchages en travers et traces de ragondins
«Dans certains endroits, les herbes folles ont tout envahi. Il faut d'abord débroussailler, pour pouvoir passer. Une fois que je peux crapahuter, je retranscris le tracé du cours d'eau sur papier à partir de photos aériennes. Je le remonte et je note tout ce qui peut entraver la circulation piscicole: branchages en travers du lit, anciens ponts effondrés, chaos rocheux occasionnant des chutes que le poisson migrateur aura du mal à remonter, etc.» Alexandra recense ainsi les obstacles naturels et les ouvrages humains, et même si cela ne lui est pas expressément demandé elle en profite pour signaler les indicateurs liés à la faune ou à la flore: peuplement de libellules,traces de loutres ou de ragondins. Elle a dû apprendre à composer avec les tiques - «Je dois me dépouiller soigneusement chaque soir!», les moustiques et les guêpes. «L'autre jour je suis tombée sur un essaim et me suis fait piquer, j'ai dû vite fait rallier le cabinet médical le plus proche à 800m de brousse, je me suis fait une belle peur!»
Rencontre nez à nez avec un renard
À côté de ça, Alexandra n'échangerait sa place pour rien au monde. «Je traverse des écrins de nature magnifiques, des endroits cachés au reste du monde. Un jour, j'assiste au ballet d'une nuée de libellules dans un rai de lumière. Le lendemain, deux chevreuils me surprennent en plein pique-nique, à moins que ce ne soit l'inverse! Hier, je suis tombée nez à nez avec un renard. Je ne sais pas lequel d'entre nous était le plus surpris». Quand le passage sur les berges est complètement obstrué, Alexandra s'accorde un petit détour en traversant des propriétés privées. «Je frappe toujours à la porte des gens pour leur demander l'autorisation de passer dans leur jardin ou leur cour. Jusqu'ici, j'ai toujours été très bien reçue, même par leschiens», s'amuse la jeune femme.
«J'assiste au ballet d'une nuée de libellules, je rencontre des chevreuils...»

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