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Lorient (56). Abri anti-bombes : visiter un lieu de mémoire

13 août 2009

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L'Histoire n'est pas que dans les livres, elle l'est aussi sous nos pieds. La visite de l'abri de défense passive fait découvrir la petite histoire; celle des Lorientais qui ont dû se protéger des bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sans cette petite pancarte située entre les deux parkings de la place Alsace-Lorraine, le passant ignorerait sans doute l'existence de ce lieu de mémoire. Évidemment connu des vieux Lorientais, cet abri de défense passive ne fut pourtant redécouvert qu'en 1993. Lorsque l'on descend l'escalier et que l'on pénètre dans la première pièce, il faut un certain temps pour s'habituer à l'atmosphère: la faible luminosité, le plafond bas à certains endroits, l'impression d'humidité, immergent le visiteur dans un autre univers. Sur les deux salles longues de 25m qui forment l'abri, la première est divisée en trois pièces.

«Lorient la jolie»

Après une brève introduction sur le choix de Lorient comme base sous-marine, Virginie, la guide conférencière, nous montre un film de quelques minutes. À partir de documents d'archives et de témoignages audio, on découvre Lorient la jolie, à l'époque de l'avant-guerre. Puis les images du conflit s'enchaînent: la vie quotidienne au rythme des alertes, les bombardements qui anéantissent la ville, l'exode..

La cité anéantie

S'ensuit l'exploration de la deuxième pièce. Sur les murs, des affiches de l'époque indiquent comment mettre les masques à gaz, ou comment éteindre des bombes incendiaires. Des consignes vitales qui rappellent la fragilité des vies. Sur le côté, la reproduction du vélo qui servait à faire fonctionner l'aération et l'éclairage. Des conditions précaires bien éloignées de notre confort moderne. Au milieu, les gravats au sol sont là pour rappeler que Lorient a été anéantie à presque 90%.

La reconstruction

Dans la troisième pièce, une maquette représente le centre de la ville détruit à la fin de la guerre. Sans la ligne côtière, il serait simplement méconnaissable. À partir de cette miniature, Virginie explique comment le Lorient moderne est né des gravats, en tentant de conserver les traces des années30. La visite s'achève sur le passage dans la deuxième salle, laissée intacte. Virginie décrit les moments de promiscuité: 400 à 600Lorientais dos à dos sur les bancs, dans l'attente de la fin de l'alerte, avec la crainte de ce qu'ils vont retrouver en sortant, s'ils ne sont pas bloqués! Une tension et une angoisse telles qu'on ne les ressentira sans doute jamais.

Pratique Visite à 11h tous les mardis, jeudis et dimanches, jusqu'au 23 août. Tarifs: 5€; réduit 2,80€; gratuit pour les moins de 12 ans. Visite nocturne de Lorient à 22h les 15, 19 et 22 août. Tél. 02.97.02.59.31.

  • Julie Postollec
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