27 octobre 2009
Emmanuelle Elouard est coordinatrice du programme Life Nature du grand site dunaire Gâvres-Quiberon. Depuis sept ans, elle veille en gardienne de la biodiversité.
La semaine dernière, il y avait beaucoup de stress dans le bureau d'Emmanuelle Elouard. Elle recevait une délégation de la Commission européenne chargée de faire un bilan de l'avancement du programme Life Nature sur ce territoire si prisé des touristes amateurs de sable. «Tout s'est bien passé. Ils ont apprécié notre travail,» dit-elle aujourd'hui, un peu plus détendue. Il faut dire que le chantier est immense. Garantir la richesse naturelle du site, lutter contre les attaques naturelles comme humaines, favoriser le repeuplement d'espèces végétales et animales un moment chassées par des concurrentes... Il n'est guère facile de tout surveiller lorsque la bande de terre est un ruban de 40km de long pour 2 ou 3km de large au maximum.
De la réflexion...
Emmanuelle travaille sur cet espace depuis 2002. À l'époque, elle avait été choisie comme chargée de mission Natura 2000 par le syndicat mixte du Grand site dunaire (sept communes). Elle était chargée d'élaborer le document d'objectif à partir duquel la collectivité, mais aussi le Conservatoire du Littoral, qui possède une petite partie des espaces naturels, se devaient de développer des actions de protection de la nature. Résultat : quelques centaines de pages, deux gros tomes. Ce travail fini, il fallait le mettre en oeuvre. Le programme «Life» est là pour cela. Life n'est rien d'autre qu'un sigle: l'instrument financier pour l'environnement.
... à l'action
Ce programme a permis de financer quatre gardes côtiers. Ils sont tous les jours sur le terrain. Surveillent, entretiennent, nettoient. Ils sont les yeux d'Emmanuelle qui ajuste aussitôt les mesures à prendre. Elle coordonne aussi l'action d'un animateur chargé d'aller à la rencontre du public et, en particulier, des scolaires des sept communes du grand site et parfois, dans les communes voisines. Mais le programme est aussi un catalogue de mesures de «génie écologique.» Ainsi, la réouverture de zones humides par fauchage de roseaux ou de saules envahissants, est réalisée à titre expérimental. De petites surfaces sont concernées. D'ici à la fin 2011, lorsque le programme s'achèvera, ce sera l'heure du bilan pour passer de l'expérimentation aux chantiers plus importants. Étude sur la fréquentation équestre (jusqu'à 700 cavaliers par mois en été), analyse des cheminements, remise en eau d'anciens marais salants, les premiers résultats sont patents. La dune grise, en arrière du cordon littoral, retrouve son aspect d'autrefois. Sur la commune d'Erdeven, cette dune a une profondeur d'un à deuxkilomètres. Il s'agit d'un site unique en Europe. «Au démarrage du grand site, il y a eu pas mal d'opposition. Aujourd'hui, on vient nous demander conseil.Nous ne sommes plus vus comme des méchants». Contact www.site-gavres-quiberon.fr
