31 octobre 2009
Le procédé mis au point par Coffin'Art, une entreprise ploemeuroise, permet de personnaliser les cercueils avec des reproductions d'images ou de citations. Un dernier hommage visuel.
Le cercueil adossé à l'un des murs interpelle le visiteur dans ce bureau anonyme. Mais la locataire n'a ni penchant morbide, ni goût prononcé pour la provocation. Ce sarcophage est l'encombrante carte de visite de Coffin'Art, installée à Ploemeur. Un lourd support de 40kg qu'AgnèsGuillerot a dû transporter au salon international du funéraire au Bourget pour faire décoller son concept, en 2007:l'hommage visuel ou la personnalisation du cercueil à travers la reproduction d'une oeuvre ou d'un dessin.
Intégrer le catalogue des pompes funèbres
«L'idée est née d'un constat simple. Que l'on soit vieux ou jeune, passionné ou pas, on finit dans un cercueil anonyme dénué de toute manifestation de la personnalité du défunt. Or, on meurt tous riche d'une vie», rappelle Agnès Guillerot qui a mis au point le procédé. La peinture imprimée est posée avec le vernis. La technique est suffisamment simple et rapide pour intégrer le catalogue des services proposés par les pompes funèbres, en plus du choix des poignées ou du capitonnage intérieur. Et la première réalisation, à l'occasion d'obsèques religieuses en mai2009, n'a pas choqué mais agréablement surpris. Icônes religieuses, dessins profanes, citations, la reproduction se présente comme un ultime adieu avant le repos éternel.
Le résumé d'une vie
«N'oublions pas que de plus en plus de gens préparent leurs obsèques. Cette personnalisation répond aussi à une autre évolution. Elle comble l'absence de rituel lors des cérémonies civiles», explique la directrice de Coffin'Art qui doit surtout adapter son offre à l'évolution des mentalités. «Au début, je voulais proposer des reproductions couvrant tout le cercueil. Mais les mentalités ne sont pas prêtes». Et la législation plus contraignante en France que dans certains autres pays limite les dérives ou bride l'imagination en matière de sarcophage. Loin du «crazy coffin» ou le cercueil aux formes originales - possible en Angleterre ou en Australie -, Agnès Guillerot se contente d'apporter une touche de couleur, une note poétique, un dernier souffle de vie avant le repos éternel. Pour l'heure, son catalogue propose une centaine de modèles posés à la demande par les pompes funèbres. «Je peux aussi reproduire des photos personnelles, des dessins d'enfant», souligne celle qui se propose de résumer une vie avec quelques points de suspension... au prix d'une belle couronne mortuaire, soit environ 200EUR. Pratique. Coffin'Art, Parc de Soye, Ploemeur. Tél.02.97.87.94.20 ou coffin.art@orange.fr
