19 juin 2009
En mars2007, une maison d'Arradon a servi de prétexte à une arnaque aux faux billets aussi appelée «rip deal» en anglais («transaction à l'arraché»). Le bien immobilier en question était alors en vente pour trois millions d'euros. Cette arnaque venue de l'ex-Yougoslavie et surtout pratiquée dans les zones frontalières consiste, pour les malfaiteurs, à se faire passer pour des acheteurs d'un bien de grande valeur. Les escrocs attirent le vendeur dans le cadre prestigieux d'un grand hôtel et lui proposent des conditions avantageuses, promettant une transaction au-dessus du prix du marché. Mais ils exigent un «arrangement» parallèlement à la vente. Prétendant ne disposer que de francs suisses issus de revenus douteux, ils demandent au vendeur d'accepter d'échanger les devises en euros, ce qui revient à blanchir de l'argent. L'astuce consiste à donner de faux francs suisses en contrepartie de vrais euros et à quitter rapidement les lieux de la transaction avec le magot.
L'agence avait prévenu la police
Pour ce qui est de la maison en vente à Arradon, la transaction douteuse devait se faire à Paris, dans un hôtel. Mais l'agence immobilière approchée par les présumés malfaiteurs avait fait part de ses doutes à la police. Deux personnes ont ainsi pu être interpellées avant l'échange de valises. Hier, au tribunal de Vannes, quatre prévenus d'origine yougoslave ou turque étaient convoqués dans cette affaire, pour tentative d'escroquerie en bande organisée. Le parquet a requis trois ans de prison ferme contre chacun d'eux. Délibéré le 23juillet.
